La trêve de l’envoyé spécial américain A. Zinni ne sert-elle à rien ?

Israël – Palestine: Le Père David Jaeger prône de toute urgence une Conférence de paix

Jérusalem, 19 mars 2002 (APIC) Le Père franciscain israélien David Jaeger prône de toute urgence une Conférence de paix israélo-palestinienne. La trêve qu’essaye de négocier l’envoyé spécial américain Anthony Zinni ne sert à rien, estime cet éminent spécialiste de la question du Moyen-Orient établi à Jérusalem.

Après des jours d’intense violence, les Etats-Unis sont enfin décidés à faire pression sur les parties en conflit au Moyen-Orient. Mardi, le vice-président américain Richard B. Cheney, qui se trouve actuellement en Israël, s’est dit prêt à rencontrer le président palestinien Yasser Arafat si la violence cesse et si les parties adhèrent au plan Tenet et Mitchell qui prévoit un cessez-le-feu durable et des mesures de confiance avant toute reprise des négociations de paix. Cheney a assuré que les Etats- Unis resteraient « activement engagés » pour aider à la conclusion d’un cessez-le-feu.

Sous la pression américaine, les troupes israéliennes ont desserré l’étau qui étrangle depuis des mois les territoires palestiniens occupés, empêchant toute vie normale pour des centaines de milliers de civils palestiniens. Le Département d’Etat américain exige le retrait des troupes israéliennes des régions A de l’autorité palestinienne. La Maison Blanche a refusé également une aide spéciale de 200 millions de dollars à Israël, pour la  » lutte globale contre le terrorisme ».

Dans une interview à l’agence vaticane FIDES, le Père Jaeger, franciscain israélien, considère qu’il n’est pas facile de comprendre si la nouvelle attitude de la Maison Blanche annonce une véritable divergence entre Washington et Tel Aviv, ou s’il s’agit seulement d’un show monté en vue du voyage du vice-président Dick Cheney dans les pays arabes. « Ces derniers se plaignent toujours que les Etats-Unis favorisent trop Israël. »

Une nouvelle la trêve ne servira pas à grand-chose

Pour le religieux israélien, une nouvelle la trêve ne servira pas à grand-chose, à part une réduction des affrontements parce que les deux parties ont besoin de se reprendre et de panser les plaies. « Mais l’on ne peut songer à une trêve continue. Du point de vue palestinien, la trêve est seulement le retour à la situation qui a provoqué le soulèvement: l’occupation israélienne continue comme auparavant. Après toutes les destructions, tous les morts, toutes les victimes, il reste l’occupation militaire des territoires palestiniens, la colonisation, le manque d’espérances. Le seul espoir c’est de ne pas rester enfermé dans le discours de la trêve, mais de viser dès à présent sur la reprise rapide des négociations de paix. »

Le Père Jaeger estime que les Palestiniens sont prêts à franchir ce pas. Mais Israël parle à plusieurs voix: « le Premier Ministre Sharon dit qu’il faut d’abord qu’il y ait la trêve, et que, ensuite, on pourra négocier un accord interne de longue durée durant lequel la confiance réciproque pourra se développer, laquelle, après des années et des années, amènera à la recherche d’une paix définitive. Le Ministre des affaires étrangères Shimon Peres est substantiellement d’accord avec cette position. Seule l’opposition en dehors du gouvernement (par exemple Yossi Beilin) croit à la possibilité d’un accord réel de paix tout de suite. »

Pas d’alternative de paix du côté des travaillistes

Le religieux estime que la politique complique la situation en Israël: « Une très grande partie de l’opinion publique embrasserait une proposition de paix. Malheureusement, cette ouverture n’a pas de débouché politique. Le parti d’alternance, les travaillistes, est au gouvernement et ne veut pas le quitter. C’est une chose hallucinante pour les Israéliens. La population serait disposée à la paix, mais le parti qui pourrait créer une alternative s’est replié sur les positions gouvernementales. Tels sont les sentiments qui dominent. A présent surtout que les violences touchent chaque famille, la population recherche la paix. La paix est un problème des dirigeants et non pas de la population, que ce soit chez les Israéliens ou chez les Palestiniens. »

A propos de la dernière résolution du Conseil de sécurité, la résolution 1397 qui reconnaît l’existence d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël, le Père Jaeger considère qu’il s’agit là d’une nouveauté. Les résolutions fondamentales du passé, 242 et 338, ne connaissent pas la question de l’indépendance palestinienne. Auparavant, on parlait des Palestiniens comme d’un problème de réfugiés ou de territoires occupés.

« C’est la première fois que, sur la proposition des Etats-Unis, on envisage comme but un Etat palestinien indépendant, qui vive en paix à côté d’un Etat d’Israël indépendant, constate l’observateur. Au plan des concepts, c’est une nouveauté importante. Au plan de la politique pratique, on ne parvient pas à voir quel est l’impact. Le vrai problème, c’est de savoir quelle sera l’étendue de cet Etat palestinien: une superficie comparable à celle de l’Etat du Vatican, ou capable d’accueillir tous les Palestiniens ? » (apic/fides/be)

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