Accord de paix aux Moluques
Paris, 20 mars (2002) Signe de la volonté du rétablissement de la paix aux Moluques, trois responsables religieux de l’archipel, représentant les communautés musulmane, protestante et catholique, effectuent actuellement ensemble une tournée en Europe. Cette visite a pour but de mobiliser la communauté internationale afin qu’elle apporte son soutien à l’accord de paix, signé le 12 février entre les communautés musulmanes et chrétiennes et le gouvernement indonésien, et déjà passablement mis à mal par les extrémistes musulmans et chrétiens.
«Nous sommes optimistes sur l’application de l’accord à cause de l’engagement du gouvernement qui est l’un des signataires», a souligné Mgr Canisius Mandagi, évêque catholique d’Ambon, lors d’une conférence de presse tenue la semaine dernière à Paris. «De plus, le problème des Moluques est devenu aujourd’hui un problème international», a-t-il ajouté.
Outre l’évêque catholique, la délégation en visite en Europe est composée du pasteur Jacklevyn Manuputy, coordinateur du Centre de crise de l’Eglise protestante des Moluques et de Muhammad Yusuf Eli, l’un des leaders de la communauté musulmane d’Ambon.
«La tache est rude pour le gouvernement», a précisé, de son coté, le pasteur Manuputy. «Mais il veut montrer que l’Indonésie n’est pas un repaire de terroristes. Le conflit des Moluques est l’un des plus longs et des plus sanglants que l’Indonésie ait connu. En y mettant un terme, le gouvernement tente de barrer la route à toutes les violences qui pourraient éclater ailleurs dans le pays», a appuyé, pour sa part, Muhammad Yusuf Eli.
Le silence de la communauté internationale
Outre la France, les trois responsables religieux devaient également se rendre aux Pays-Bas ainsi qu’en Suisse. Leur programme comprend des rencontres avec des responsables politiques et religieux. Lors de la conférence de presse à Paris, ils ont cependant regretté qu’à ce jour la communauté internationale se soit peu mobilisée sur le conflit des Moluques qui, en trois ans, a fait plusieurs milliers de victimes et provoqué la fuite de centaines de milliers de personnes.
«Nous sommes parfois amers. Mais nous sommes aussi des hommes de foi», a commenté Mgr Mandagi.
Comptant plus de deux millions d’habitants, la population de l’archipel des Moluques se compose de 55 % de musulmans et de 45 % de chrétiens parmi lesquels 5% de catholiques.
Les deux communautés ont connu de violentes exactions: églises et mosquées brûlées, conversions forcées, meurtres. Le groupe extrémiste musulman Laskar Jihad a notamment lancé la guerre sainte contre les communautés chrétiennes présentes aux Moluques et tenté d’imposer la charia. Au cours de l’an 2000, le renforcement de sa présence dans l’archipel a fait basculer le rapport de force en faveur des musulmans. «Dans le cadre de la République d’Indonésie, nous ne souhaitons pas l’application de la charia», a précisé, à Paris, Yusuf Muhamad Eli. (apic/eni/pr)
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