Contre l’impunité

Encadré

Le combat de cette femme contre l’impunité qui entoure cette période est cependant loin d’être terminé. Aujourd’hui, ceux que Sara accusent nommément d’avoir kidnappé son enfant, les officiers Gavazzo et Buratti, notamment, vivent en toute impunité près de Montevideo, où ils coulent des jours paisibles grâce à la loi d’amnistie. Promulguée en 1986 en Uruguay, elle protège les militaires coupables des violations des droits de l’homme commises sous la dictature. Personne, ni la justice ni les politiques, ne les ont obligés à révéler ce qui s’est passé ce jour-là, ni la destination de son fils, « ramassé comme un vulgaire butin de guerre », pour reprendre le langage des militaires.

Longtemps, les familles des 176 « disparus » uruguayens ont été ignorées par les gouvernements civils qui suivirent la dictature. Sara Mendez doit aujourd’hui d’être en vie à une man?uvre des militaires. L’officier Gavazzo lui clairement laissé entendre qu’on ne ressortirait pas vivant d’Orletti. « Les militaires étrangers qui opéraient en Argentine avaient le droit de commettre toutes les exactions à la condition de ne laisser aucun survivant ».

Jamais Sara Mendez n’avait accepté de s’approcher de l’un ou l’autres des tortionnaires pour demander où se trouvait Simon. « Je n’ai jamais voulu le faire, disait-elle alors, la victime d’un tortionnaire ne peut pas aller frapper à la porte de son bourreau ». Elle avait en vain engagé des procédures (apic/pr)

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