L’eau n’est pas à vendre

Berne: Création d’un réseau européen contre la privatisation de l’eau

Berne, 21 mars 2002 A l’occasion de la journée mondiale de l’eau du 22 mars, la Communauté de travail Swissaid / Action de carême / Pain pour le prochain / Helvetas / Caritas a fondé le réseau européen «Eau» qui s’engage contre la privatisation et la libéralisation du secteur de l’eau. Ce réseau exige par ailleurs que la Conférence de l’ONU sur le Développement durable à Johannesburg, prévue pour août 2002, élabore enfin une Convention internationale sur l’eau. Celle-ci doit proclamer le droit à l’eau pour tous et protéger l’eau comme étant un bien commun.

Le réseau européen exige plus de démocratie et moins de marché dans l’alimentation en eau. C’est à l’occasion de la journée mondiale de l’eau, qu’un ensemble d’organisations de développement, d’associations de protection de l’environnement et de compagnies des eaux municipales de Suisse, d’Autriche et d’Allemagne a créé, avec la Fédération Syndicale européenne des Services Publics, un réseau d’ONG qui a pour but la défense du statut de l’eau comme bien public. Le réseau européen «Eau» met en garde contre une vision qui fait de ce bien commun une simple source de profit, et considère que la privatisation et la libéralisation de l’alimentation en eau vont à l’encontre de l’intérêt public.

«L’eau a besoin de la protection du droit international» souligne Rosmarie Bär de la Communauté de travail des ?uvres d’entraide suisses. «A Johannesburg, nos gouvernements doivent se prononcer pour une convention internationale juridiquement contraignante qui proclame le droit à l’eau pour tous et qui protège l’eau comme étant un bien commun.»

Selon Jan Willem Goudriaan, secrétaire général adjoint de la Fédération syndicale européenne des services publics, organisation forte de 10 millions de membres, «le lancement d’un nouveau projet de libéralisation à grande échelle doit être empêché d’urgence. Les expériences dans le domaine de la privatisation dans plusieurs parties du monde démontrent que la libéralisation conduit à une augmentation des prix. «Le réseau souligne qu’il est indispensable de renforcer les structures démocratiques et l’autonomie administrative. Il faut également promouvoir la participation publique afin de trouver des solutions tournées vers l’avenir qui garantissent une utilisation durable de l’eau, aussi bien dans les pays riches en eau que dans les pays qui en sont dépourvus.

«L’exploitation abusive des ressources va de pair avec la détérioration des zones humides et des cours d’eau. A long terme, elle conduit à la destruction des bases vitales pour l’homme et l’environnement.» Michael Bender du réseau allemand «Notre Eau» poursuit: «La disponibilité d’installations sanitaires adaptées aux conditions locales, peu coûteuses et permettant la gestion durable des ressources joue un rôle crucial aussi bien dans la réduction de la pollution que dans la lutte contre les maladies et les épidémies».

L’utilisation de l’eau doit être gérée non seulement d’un point de vue économique mais également en tenant compte des conditions écologiques et sociales locales. Les conflits relatifs à l’accès à l’eau pourront ainsi être résolus à l’échelle régionale et l’eau, ce bien vital, sauvegardée pour les générations futures. «L’eau ne doit en aucun cas devenir un objet de spéculation des multinationales» en conclut Gerhard Heilingbrunner, président de l’association faîtière des organisations de protection de l’environnement en Autriche. (apic/com/sh)

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