Leur lot quotidien: viol, inceste, pédophilie

Sénégal: 400’000 enfants en situation de risque

Dakar, 22 mars 2002 (APIC) Quelque 400’000 enfants sénégalais se trouvent dans des situations de vulnérabilité sociale et la moitié d’entre eux sont enrôlés dans des activités pénibles, indique un rapport du gouvernement sénégalais. Ces adolescents, âgés de 7 à 18 ans, vivent dans des conditions de risque et sont victimes d’abus divers.

Les enfants les plus exposés sont ceux de la rue, les domestiques, les enfants qui sont dans des familles nombreuses et qui vivent dans la promiscuité. Le mal-vivre des enfants prend des proportions inquiétantes dans le pays, constate le sociologue Tamsir Samb.

A l’occasion d’une rencontre nationale sur la lutte contre l’exploitation des enfants, il a révélé que ceux qui abusent d’eux par la violence ou par consentement se retrouvent dans toutes les catégories sociales. Mais retrouve davantage de telles situations dans les hôtels et chez les touristes, a-t-il souligné.

Des réseaux structurés

Selon le Ministère sénégalais de la Famille et de l’Enfance, les pratiques les plus courantes, identifiées comme relevant de l’exploitation juvénile, sont entre autres, l’abus sexuel, l’inceste, le viol, la pédophilie, l’excision et le mariage forcé. Une enquête menée en 1997, a révélé que la prostitution représentait 3,36% des infractions commises par les enfants. Leur exploitation se fait souvent à travers « des réseaux structurés ». Ces pratiques ont souvent lieu dans divers endroits : milieux familiaux, écoles, lycées, structures d’accueil, lieux d’apprentissage (ateliers, échoppes).

La question des abus et de l’exploitation sexuels « semble souffrir d’un manque d’informations relatives à une étude systématique du phénomène », indique encore le Ministère, dans un document publié à Dakar, à l’occasion de la rencontre. La presse sénégalaise rapporte quotidiennement des cas nombreux cas d’abus d’enfants.

L’Etat sénégalais est démuni

La lutte contre l’exploitation des enfants qui entre dans le cadre de l’application des conventions internationales, telle que l’élimination des pires formes de travail des enfants, est un combat difficile à cause de la réticence des victimes à dénoncer les coupables. En outre, il n’y a pas de suivi médical des enfants, lorsqu’ils souffrent d’effets liés à leur exploitation. Les structures de l’Etat chargées de leur venir en aide ou de les protéger sont aussi dispersées et inefficaces par manque de moyens matériels, humains et financiers.

Pour faire face à ces situations, l’Etat sénégalais s’est doté, pour la première fois, d’un plan d’action élaboré avec le soutien de l’UNICEF. Il met l’accent sur une collaboration entre les différents organismes intervenant dans la protection de l’enfance et préconise la mise en place d’une stratégie de sensibilisation des populations. La loi sénégalaise en vigueur réprime sévèrement les délits d’abus sur les enfants mineurs. Elle prévoit des peines maximales de 10 ans de prison ferme pour les auteurs de délits d’abus sur les enfants âgés jusqu’à 13 ans. En plus, en cas de délit avéré et constaté, le prévenu est immédiatement emprisonné et ne pourra bénéficier de liberté provisoire. (apic/ibc/be)

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