Haïti: Les responsables religieux réclament une solution à la crise politique
Port-au-Prince, 25 mars 2002 (APIC) Les responsables religieux en Haïti réclament une solution à la crise politique qui secoue le pays depuis les élections législatives contestées de mai 2000. En raison de l’instabilité politique, une aide étrangère d’un montant de 500 millions de dollars est bloquée, alors que l’économie du pays reste très tributaire de l’aide extérieure.
Pour faire face au manque de cadres politiques formés dans l’intérêt du bien commun, l’Eglise haïtienne a inauguré une école de formation politique avec le soutien financier de la Conférence épiscopale italienne.
L’archevêque Luigi Bonazzi, nonce apostolique en Haïti, a estimé que le Premier ministre haïtien Yvon Neptune devrait reprendre les négociations entre le gouvernement et l’opposition représentée par la coalition de la Convergence démocratique. Le fait que les deux parties n’arrivent pas à solutionner la crise issue des législatives de 2000 bloque l’aide étrangère.
« Le pays a besoin de gens ouverts à une solution de compromis pour débloquer la situation », a déclaré Mgr Bonazzi lors d’une messe à la cathédrale de Fort Liberté. Pour faire face au manque de cadres politiques formés dans l’intérêt du bien commun
Pour l’émergence d’une nouvelle classe politique en Haïti: servir au lieu d’être servie
Lors de l’inauguration de l’Ecole de Formation politique Toussaint Louverture – une initiative de l’Eglise catholique haïtienne – l’archevêque coadjuteur de Port-au-Prince, Mgr Joseph Serge Miot, a plaidé jeudi en faveur de l’émergence d’une nouvelle classe politique en Haïti. L’archevêque a souligné que cette nouvelle classe d’hommes politiques devrait avoir pour mission de « servir au lieu de se faire servir ».
Mgr Miot a déclaré que l’Eglise catholique haïtienne entend s’engager davantage dans les affaires publiques du pays. Le prélat indiqué que l’Ecole de Formation politique Toussaint Louverture s’inspirera d’un modèle italien et aura pour base « l’école de la fraternité ». Ce concept, a- t-il précisé, a été inventé par le professeur Italien Antonio Maria Baggio, de l’Université pontificale Grégorienne.
Les cours dispensés par des professeurs haïtiens et étrangers débutent cette semaine prochaine. La formation durera un an et pourra être prolongée, a souligné pour sa part Antonio Maria Baggio. Le professeur italien estime que le monde, tout comme Haïti, a besoin pour surmonter les difficultés et les crises actuelles d’une nouvelle classe dirigeante. La nouvelle école doit accueillir une centaine d’étudiants qui seront sensibilisés à l’enseignement social chrétien afin de se mettre au service du peuple haïtien. (apic/cns/kna/ahp/be)
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