Les évêques n’ont pas attendu l’arrestation du curé de Walenstadt
Fribourg, 25 mars 2002 (APIC) La Conférence des évêques suisses (CES) va mettre sur pied une «task force» pour conseiller les évêques sur la marche à suivre quand un cas de pédophilie est découvert dans l’Eglise. Ce groupe sera composé de spécialistes, notamment de juristes et de psychologues. La CES va également publier en juin ou en septembre un document axé sur la prévention.
Les évêques suisses n’ont pas attendu l’arrestation du curé de la paroisse saint-galloise de Walenstadt, Alois Fritschi, âgé de 63 ans, pour agir. L’abbé A. Fritschi, doyen du décanat de Sargans et membre du Conseil presbytéral diocésain, est accusé d’abus sexuels contre des mineurs. Il se trouve depuis le 12 mars en détention préventive et admis partiellement les faits. Selon le procureur saint-gallois Thomas Weltert, il s’agit de faits graves. Le prévenu aurait abusé d’enfants sur une longue période.
«Nous n’avons pas attendu l’affaire de Walenstadt pour agir, car cela fait plusieurs années que nous nous occupons de la question et plusieurs mois que les évêques ont décidé de mettre sur pied une «task force» pour les cas de pédophilie et aider en matière de prévention», a confié lundi à l’APIC Marc Aellen, secrétaire général adjoint et attaché de presse de la CES. La rédaction du document a été confiée à un groupe de spécialistes désigné par les évêques.
En Suisse, il y a eu quelques cas concrets d’abus sexuels ces dernières années, mais ils sont restés isolés. «Malgré ce petit nombre de cas, nous nous sommes dits qu’il fallait agir; la polémique qui enfle au niveau international, notamment aux Etats-Unis, nous montre l’urgence de prendre les choses en main», poursuit Marc Aellen. Pour le secrétaire adjoint de la CES, il faut mener une politique de transparence totale et de collaboration avec la justice. «Plus question comme c’était peut-être le cas il y a 50 ans de régler ces affaires en famille!».
Transparence totale
A la CES, où l’on prône la «transparence totale», on prend les choses au sérieux, mais on considère qu’en matière d’abus sexuels contre les enfants, «il s’agit vraiment de cas isolés». La CES ne dispose pas de statistiques nationales à ce sujet, mais relève que «la proportion de prêtres pédophiles est plus faible, en comparaison, que celle des pères de famille». Mais, tient à préciser Marc Aellen, la CES prend les choses au sérieux et ne néglige en aucun cas les affaires qui apparaissent. Le souci principal des évêques va à l’attention à accorder aux victimes elles-mêmes.
Quant à la remise en question du célibat des prêtres qui pourrait se faire jour à la lumière de la polémique, le secrétaire général adjoint de la CES affirme qu’il n’existe absolument aucun lien entre le célibat des prêtres et la pédophilie. «Certains commencent à attaquer l’Eglise par ce biais-là, mais c’est la fausse adresse: ce n’est pas en stigmatisant une catégorie précise, celle des prêtres, que l’on luttera efficacement contre la pédophilie qui est un problème suffisamment grave pour que l’on s’y attaque tous azimuts.» (apic/be)
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