Politique de harcèlement contre les dissidents catholiques

Chine: Un évêque de l’Eglise clandestine chinoise à nouveau arrêté puis relâché

Pékin, 26 mars 2002 (APIC) Un évêque de l’Eglise clandestine âgé de 67 ans a été une nouvelle fois arrêté par la police, à la veille de la Semaine sainte. La police chinoise a appréhendé Mgr Julius Jia Zhiguo à son domicile de Zhengding, à quelque 220 kilomètres de Pékin, a annoncé la Fondation du cardinal Kung basée à Stamford, aux Etats-Unis. L’évêque clandestin est régulièrement arrêté avant les importantes fêtes religieuses, dans le but apparent de l’empêcher de présider les cérémonies de l’Eglise non officielle.

Mgr Jia Zhiguo, évêque du diocèse de Shijiazhuang, a été arrêté par la police dans la province septentrionale du Hebei, et libéré après trois jours de détention. Cinq religieuses ont en revanche été arrêtées pour «activité illégale» le 11 mars dernier à Lin Chuan, dans la région de Jiangxi, au centre de la Chine. Le lendemain, deux d’entre elles ont été libérées.

Vingt années d’ouverture de crédits occidentaux, une prime à la politique mise en ?uvre par les dirigeants chinois, ont pour résultat un échec assez évident, estime Riccardo Cascioli, journaliste et expert des questions asiatiques, dans une interview accordée à l’agence missionnaire MISNA à Rome.

Pour R. Cascioli, en Chine «les circonstances ne se sont pas améliorées ni en ce qui concerne les droits de l’homme, ni en ce qui concerne la liberté religieuse». Au contraire, estime-t-il, la situation a empiré, comme le démontrent notamment des documents publiés récemment. «Il y a quelques semaines une longue liste de religieux et de fidèles de l’Eglise catholique clandestine ayant subi une forme de répression a été rendue publique. A présent, les autorités de Pékin évitent d’infliger des peines particulièrement lourdes; elles préfèrent en revanche des formes de détention qui alternent prison et assignation à résidence.»

«Malheureusement, poursuit-il, l’arrestation d’un évêque ou de représentants de l’église catholique clandestine est en train de devenir la routine. Mais la Chine ne peut pas continuellement violer les droits humains et conventionnels internationaux: il est nécessaire de revoir l’approche de la politique occidentale envers Pékin».

L’Eglise «officielle» échappe elle aussi au contrôle

La police chinoise s’efforce de ne pas apparaître excessivement répressive, surtout quand la Chine accueille des sommets internationaux ou des délégations occidentales. Une tentative maladroite, selon Cascioli, de s’affranchir du titre de dernier dans le cadre de la protection des droits de l’homme et de masquer les violations continuelles. «La Chine fait semblant d’adhérer à des traités internationaux, elle les signe mais ne les ratifie pas. Et surtout, elle ne les respecte pas». Un exemple? Le droit de citoyenneté refusé aux immigrés chinois de Hong Kong. «Pékin ne respecte clairement pas les accords pris avec le Royaume Uni au moment de la ’restitution’ de Hong Kong à la Chine».

«En réalité, la Parti communiste – conclut Cascioli – n’est pas non plus actuellement en mesure de contrôler l’Eglise ’officielle’. Je crois que pour le bien de la stabilité internationale, il est peut-être temps de repenser la politique envers la Chine, qui continue impunément à commettre des violations des droits de l’homme». (apic/misna/be)

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