Parler de la spiritualité au pub?

Ecosse: Les hommes désertent les églises: comment les ramener?

Edimbourg, le 29 mars (APIC) Alors que les hommes composent la grande majorité des responsables de Eglise anglicane d’Ecosse, ils sont quasi absents du reste de la vie pastorale. Pour contrer cette tendance toute proposition missionnaire efficace est la bienvenue. Y compris celle qui consiste à parler de spiritualité dans les pubs.

David Currie, conseiller de l’Eglise anglicane d’Ecosse pour la mission et l’évangélisation, admet qu’à l’exception des ecclésiastiques, les femmes sont plus nombreuses que les hommes ces dernières années dans l’Eglise.

Le dernier rapport (1994) du centre d’étude des tendances religieuses « Christian Research » a révélé que les hommes composaient en moyenne 36% de l’assistance présente à l’église le dimanche dans le cadre de l’Eglise d’Ecosse (soit 3% de moins que la moyenne pour toutes les Eglises présentes en Ecosse). « Christian Research » a entrepris la publication d’un autre rapport cette année, qui confirmera certainement la poursuite de cette tendance à la baisse.

Neuf pasteurs sur dix sont des hommes

Si l’on regarde la paroisse, c’est encore pire, fait observer Bill Shackleton, fondateur d’un cercle d’hommes « The Regnal League ». Une personne sur neuf est un homme, estime-t-il. Or, neuf pasteurs sur dix sont des hommes.

David Currie précise qu’il est « temps de renouveler nos efforts pour atteindre les hommes. Ecouter les cantiques et entendre la voix qui dirige le service dominical n’est pas le chemin qui va pousser les hommes à pratiquer. » Par ailleurs, la coutume bien observée de ne pas avoir d’alcool dans les locaux appartenant aux Eglises les éloignent aussi de l’église, estime David Currie.

Même si cela semble « effrayant » pour de nombreux traditionalistes, David Currie privilégie l’idée d’une « église sans murs » où les hommes pourraient se pencher sur leur spiritualité dans un cadre moins formel, comme des salles de rencontre, des hôtels, et même des pubs.

Féminisation de la spiritualité

Si l’Eglise d’Ecosse a une longue tradition d’activité missionnaire pratique, dans le pays et à l’extérieur, elle a « fait marche arrière » sur la question, admet David Currie. Un article paru dans la revue « Life & Work » de l’Eglise d’Ecosse évoque une tendance à « la féminisation de la spiritualité », qui dérange l’homme moyen « peu à l’aise avec le langage des émotions et le moi intérieur ».

Pour Bill Shackleton, la « Regnal League » peut représenter un modèle de rechange pour l’Eglise. « Beaucoup d’hommes sont effrayés par l’image de l’Eglise. » Les réunions de la Ligue ont selon lui « une base chrétienne » et comprennent des jeux de société. Or, « en jouant avec un homme, on arrive à le connaître », explique-t-il.

Même si David Currie estime que les clubs d’hommes « ne reconnaissent pas la spiritualité masculine », après avoir rencontré Bill Shackleton, il pense qu’il y a une leçon à tirer de cette approche. Il se déclare intéressé par toutes les suggestions susceptibles de ramener les hommes à l’Eglise. (apic/eni/sh)

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