Tessin: Assemblée de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse à Lugano
Lugano, 4 avril 2002 (APIC) Toutes les organisations ecclésiastiques cantonales de droit public ecclésiastique sont désormais représentées à la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ), avec la récente l’adhésion de l’Eglise cantonale catholique romaine de Schwyz.
L’admission de Schwyz a été décidée lors de l’assemblée des 22 et 23 mars tenu à Lugano. Les membres de la Conférence centrale se sont prononcés à l’unanimité en faveur de cette admission.
L’assemblée s’est en outre prononcée en faveur de l’octroi d’un mandat de recherche sur le thème de la « Politique concordataire ». Dans le contexte de l’abrogation de l’article sur les évêchés, la Conférence centrale avait demandé que soit menée une « politique active de concordats » en accord avec la Conférence des évêques. Lors de la discussion, constatation a été faite qu’il n’existait aucune étude scientifique récente sur le sujet. Ce travail a été confié à Urs J. Cavelti (Gossau/SG), juriste et ancien président de la Conférence centrale. L’objectif visé est la réalisation d’une publication susceptible d’être lue et débattue par tous les intéressés. Celle-ci devra fournir les outils nécessaires pour clarifier comment aménager par voie de traité les rapports entre la Confédération, les cantons et le Saint-Siège.
« Liberté religieuse corporative »
Axel Müller-Elschner, rapporteur à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, s’est pour sa part exprimé devant l’assemblée sur la notion de « liberté religieuse corporative » au regard de la Convention européenne des droits de l’homme. La liberté de religion reconnue aux communautés partageant des croyances communes (et pas seulement aux individus) revêt toujours plus d’importance dans une société caractérisée par un pluralisme croissant en matière de religion.
A partir de jugements rendus ces dernières années, l’orateur a expliqué qu’il appartient à l’Etat de veiller à la paix confessionnelle et que celui- ci est en droit de restreindre l’exercice de la liberté religieuse dans cette perspective. Il n’est pas autorisé à avantager un groupement ou une Eglise. En particulier, il lui est interdit de faire dépendre la reconnaissance d’une communauté religieuse de l’accord d’une autre. Il ne saurait non plus faire pression pour que des groupes religieux concurrents s’unissent sous une seule direction.
Dans la perspective des projets législatifs lancés dans divers cantons et du débat ouvert par la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse concernant un article sur la religion, la Convention européenne des droits de l’homme et les jugements de la Cour européenne des droits de l’homme font l’objet d’une attention plus soutenue que cela n’avait été le cas jusqu’ici dans le débat public.
L’Eglise catholique dans le canton du Tessin
Au-delà des aspects européens, un coup d’?il a été jeté sur la situation de l’Eglise catholique dans le canton du Tessin. Don Patrizio Foletti a évoqué l’évolution historique des relations entre l’Eglise et l’Etat dans son canton ainsi que le projet de nouvelle loi sur l’Eglise catholique. Ces informations ont été complétées par la visite de la Faculté de théologie de l’Université de Lugano, fondée il y a dix ans. Son recteur, le Prof. Libero Gerosa, a présenté le programme des cours et l’organisation de cette faculté dont le rayonnement est international du fait de la présence de quelque 160 étudiants venus du monde entier.
Dans son allocution de bienvenue, le vicaire épiscopal Ernesto Storelli a exprimé son espoir que le tunnel du Gothard reste ouvert aussi pour promouvoir les échanges entre le Tessin et le reste de la Suisse sur le plan ecclésiastique. (apic/com/pr)
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