Attention danger: « Sharon se considère en danger de paix »
Rome, 4 avril 2002 (APIC) L’importance du rôle du Saint-Siège dans la recherche d’une résolution au conflit israélo-palestinien a été soulignée par Afif Safieh, directeur du bureau de représentation de l’Organisation pour la Libération de la Palestine – l’OLP – auprès du Saint-Siège. Attention danger, dit-il, d’autant plus, « comme Ariel Sharon se considère en danger de paix, notre présence en Terre Sainte est également pour lui un danger. Pour lui, a-t-il ajouté, nous avons le tort d’exister ».
Résidant à Londres, il a assure dans un entretien à l’APIC avoir contacté le Vatican ces derniers jours pour insister sur l’urgence d’une intervention de la part du Saint-Siège. Ce dernier a du reste convoqué ces jours les ambassadeurs d’Israël et des Etats-Unis pour leur faire part de son inquiétude à propos de la guerre en Terre Sainte, et des événements qui se préparent à Bethléem.
« Le Saint-Siège est très préoccupé par la situation en Terre Sainte », a affirmé Afif Safieh. Ce dernier avait lui-même appelé Mgr Celestino Migliore, sous-secrétaire des relations du Vatican avec les Etats, le 2 avril, afin de « l’alerter » de la situation « dramatique » en Terre Sainte. Le lendemain, le prélat a reçu le directeur du bureau de la Ligue des Etats Arabes auprès du Saint-Siège, Mohamad Ali Mohamad, en raison des « nombreux appels à l’aide qui sont parvenus à Jean Paul II ».
A peine rentré d’un bref séjour à Jérusalem, Afif Safieh y a rencontré les principaux acteurs diplomatiques du Vatican présents sur place, Mgr Pietro Sambi, nonce apostolique en Israël et délégué apostolique pour la Palestine, ainsi que Mgr Michel Sabbah, patriarche des latins à Jérusalem.
D’après le diplomate palestinien, Mgr Sambi se serait interposé physiquement entre les forces israéliennes et palestiniennes, il y a quelques jours à Ramallah, pour tenter d’imposer un cessez-le-feu. « Mais il en a été empêché », a déploré Afif Safieh.
« Le rôle du Saint-Siège ne doit pas s’arrêter là », a-t-il ajouté. « Je pense qu’il a une place capitale dans les discussions grâce au respect qu’il inspire à toutes les parties ». Le représentant de l’OLP au Saint-Siège a en particulier affirmé que « les appels du pape de ces derniers jours ont été très bien reçus parmi la population palestinienne. Jean-Paul II est une boussole importante pour nous, alors que la situation devient insoutenable ».
La communauté internationale ne remplit pas sa mission
Afif Safieh déplore en outre le fait que la communauté internationale ne remplit pas sa mission. « Le pape a lui-même rappelé, en s’adressant au corps diplomatique au début de l’année, qu’elle a un rôle ’irremplaçable », a-t-il expliqué. « La paix est trop importante pour qu’elle soit laissée aux seules mains du Premier ministre israélien ». D’autant plus que « comme Ariel Sharon se considère en danger de paix, notre présence en Terre Sainte est également pour lui un danger. Pour lui, a-t-il ajouté, nous avons le tort d’exister ».
Concernant la situation à Bethléem, Afif Safieh a fait part de « l’immense inquiétude » ressentie par les Palestiniens ces dernières heures. « Mais encore une fois, la communauté internationale doit jouer pleinement son rôle et ne pas oublier que trois autres villes au nord de Ramallah sont dans la même situation que Bethléem, a-t-il déclaré. Le problème, c’est qu’il n’y a aucune présence internationale, ni aucun média, donc on n’en parle pas ».
Conscient du fait que « ce n’est pas avec l’Intifada que nous pourrons en finir avec l’occupation » et qu’en même temps « Israël ne peut pas réprimer cette Intifada », le représentant de l’OLP au Saint-Siège s’est enfin dit « optimiste » quant à l’issue du conflit, « à condition d’une initiative diplomatique urgente ». (apic/imed/pr)
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