Nigeria: Une condamnée à mort par lapidation pour adultère fait appel
Lagos, 7 avril 2002 (APIC) Amina Lawal, une nigériane condamnée à mort par lapidation le 22 mars dernier pour adultère, a fait appel le 4 avril pour vice de procédure. Elle est soutenue par un groupe d’avocats recrutés par une association humanitaire, la WRAPA (Alternative pour la Promotion et la Protection des Droits des Femmes). Toujours au Nigeria, un homme risque l’amputation de la main droite pour vol.
Selon un correspondant de l’AFP, Amina Lawal a estimé que le tribunal islamique de Funtua, situé dans l’état de Katsina (nord du pays) qui l’a jugée, n’a pas respecté les procédures normales en la matière. Ce tribunal l’a reconnue coupable d’avoir eu des relations extra-conjugales, après avoir donné naissance, au début de l’année, à une fille, alors qu’elle est divorcée et non remariée.
L’islam reconnaît la grossesse d’une femme non mariée comme preuve d’adultère, si elle est divorcée. Au cas où elle n’a jamais été mariée et qu’elle tombe enceinte, la religion musulmane considère que c’est de la fornication. Ces deux actes requièrent deux types de sanctions. Dans le premier cas, la femme doit être enterrée debout dans un trou jusqu’au cou, puis lapider à coups de pierre à la tête, jusqu’à ce que mort s’en suive. En cas de fornication par contre, la condamnée subit entre 70 et 100 coups de fouets, après la naissance de l’enfant.
Le jugement de Amina Lawal entre dans le cadre de l’application de la charia ou loi islamique en vigueur aussi bien à Katsina que dans 11 autres états de la Fédération du Nigeria qui en compte 36. En mars 2002, Safiya Hussaini, une autre femme qui avait était condamnée à mort pour adultère, avait été finalement acquitté après avoir fait appel. La communauté internationale s’était mobilisée en sa faveur.
Par ailleurs, pour la première fois depuis l’instauration de la charia dans son état en novembre 2000, un tribunal islamique de Kano (nord du pays) a prononcé l’amputation de la main droite d’un homme. La cour qui jugeait vendredi 5 avril 2002 Haruna Bayero, l’a reconnu coupable de vol. Les produits qu’il y a subtilisé après avoir réussi à pénétrer par effraction dans un magasin, sont d’une valeur totale de 150 dollars. L’accusé a été appréhendé le 28 novembre 2001. Il a expliqué avoir commis ce forfait pour se procurer de l’argent, afin d’acheter des médicaments pour sa femme qui venait d’accoucher. Il dispose d’un mois pour faire appel. (apic/apmc/ibc/sh)
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