Jérusalem: Appel des chefs des Eglises chrétiennes aux Israéliens
Jérusalem, 8 avril 2002 (APIC) Dans un appel adressé lundi 8 avril aux autorités israéliennes, les chefs des Eglises chrétiennes de Terre Sainte les ont enjointes de «retirer tous (vos) instruments de guerre, de (vous) en aller en paix et de renvoyer (vos) soldats auprès de leurs familles».
Les représentants des 13 Eglises chrétiennes de Terre Sainte ont voulu se rendre en délégation dans Bethléem assiégée. Guidée par le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, la délégation religieuse venant de Jérusalem a été bloquée par les soldats israéliens au check point de Tantour, aux abords de Bethléem. Là, les patriarches et les autres représentants religieux ont tenu une brève cérémonie durant laquelle ils ont fait une déclaration conjointe. «La paix ne peut être obtenue à travers la guerre, les chars ou les massacres surtout à Bethléem, où un ultérieur bain de sang n’est pas nécessaire. Ce matin, du sang a été versé mais nous refusons tout type de massacre, qu’il soit israélien ou palestinien, Bethléem ne peut demeurer un lieu de guerre» ont-ils déclaré.
Faire sonner les cloches jusqu’à la fin de la guerre
Ce communiqué a été lu par les représentants chrétiens au cours d’une protestation symbolique, qui s’est conclue avec une marche main dans la main vers le poste de contrôle, au son du chant «We shall overcome». L’appel contient également une invitation singulière adressée à toutes les paroisses de Terre Sainte et en particulier à celles de Bethléem, Beit-Jala et Beit- Sahour (selon la tradition chrétienne, ces deux derniers sites sont les lieux des pasteurs et des anges). Il s’agit de sonner les cloches des églises jusqu’à la fin de la guerre «en signe de paix dans les c?urs et d’occasion de prière et de supplication».
Lundi soir, la délégation des 13 Eglises de Terre Sainte devait rencontrer des membres du gouvernement Sharon pour discuter des événements dramatiques de Bethléem. Une réunion entre le vice-ministre des Affaires étrangères israélien, le rabbin Michael Melchior, le ministre de la Défense, Dalya Rabin, et les représentants des Eglises chrétiennes était prévue en début de soirée, a annoncé le secrétaire du patriarche latin de Jérusalem, le Père Raed Abusahlia.
Le délégué apostolique du Vatican, Mgr Pietro Sambi, le responsable de la Custodie franciscaine de Terre Sainte, le Père Giovanni Battistelli, le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, les patriarches des Eglises arméno-orthodoxe, l’archevêque Aris, et gréco-orthodoxe, l’évêque Aristarchos, font partie de la délégation à cette rencontre mise sur pied après l’attaque israélienne du complexe de la Nativité commise aux premières heures lundi matin.
Assaut des forces spéciales israéliennes
Cette attaque, dont les Israéliens ont pris l’initiative, affirment avec force les franciscains, a fait un mort dans les rangs palestiniens – un policier qui voulait éteindre l’incendie causé par les projectiles israéliens – et des dégâts matériels importants. Selon le bureau de presse de la Curie générale de l’Ordre des Frères Franciscains (OFM), l’opération était un «assaut des forces spéciales israéliennes à l’intérieur du complexe de la Nativité». «Les militaires sont descendus des toits couverts par les tirs des tanks et le lancement de grenades. L’une d’entre elles a touché le bureau paroissial (le prêtre est Père Ibrahim) et déclenché l’incendie».
«Les unités spéciales ont tiré un grand nombre de projectiles» lit-on dans le communiqué des franciscains, «qui ont détruit des vitraux de la Basilique de la Nativité et gravement endommagé une antique mosaïque dans la zone des Arméniens». La valeur artistique de cette ?uvre avait permis d’épargner la Basilique lors des diverses invasions dont a été la cible la ville de Bethléem au cours des siècles, constatent-ils avec amertume. Le Premier Ministre israélien, Ariel Sharon a déclaré devant le parlement israélien, la «Knesset», qu’il continueraient à assiéger la basilique de la Nativité de Bethléem tant que la communauté internationale ne persuaderait pas les Palestiniens réfugiés à l’intérieur du site de déposer les armes et de sortir. De leur côté, les franciscains ne veulent pas quitter le bâtiment, malgré les pressions israéliennes, car ils craignent un nouveau massacre dans ce lieu saint, l’un des plus importants de la chrétienté. (apic/misna/com/be)
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