Les adversaires et partisans du «oui» entrent en action
Berne, 14 avril 2002 (APIC) Le Conseil fédéral a lancé vendredi la campagne de soutien au régime des délais en matière d’avortement. Par la bouche de la ministre de Justice et police Ruth Metzler, il soutient que la criminalisation est un mauvais moyen pour contrer les interruptions de grossesse. Le même jour, un collectif de 119 personnalités politiques, ecclésiales et publiques s’oppose à la solution des délais en soulignant notamment que «la vie d’un enfant commence à sa conception».
Le 2 juin prochain, le peuple suisse se prononcera sur l’introduction du «régime des délais» en matière d’avortement. Le parlement propose d’autoriser l’interruption de grossesse durant les 12 premières semaines dès la conception, sur demande écrite de la femme enceinte, et pour autant qu’elle soit en «situation de détresse».
«Ce oui n’est pas un oui à l’avortement», se défend la démocrate- chrétienne Ruth Metzler. Même si elle ne se rallie pas totalement à la solution proposée (elle défendait l’obligation pour la femme de consulter un centre spécialisé), la conseillère fédérale veut mettre un terme à la criminalisation des femmes, qui ne contribue en rien à réduire le nombre d’avortements. Ruth Metzler souligne que le nombre d’interruptions de grossesse, évalué à près de 50’000 par an dans les années 60, est retombé actuellement entre 12’000 et 13’000. Elle tient cependant à ce que la dépénalisation soit accompagnée de mesures sociales favorisant l’accueil de l’enfant à naître.
Une solution indigne d’une société moderne
Un collectif de 119 personnalités de toute la Suisse, issues de la politique, des Eglises et de divers milieux professionnels concernés, s’est également lancé le 12 avril dans la campagne sur la votation du 2 juin. Ce groupe qui se dit «neutre et non confessionnel» a diffusé une prise de position claire contre la solution des délais, qu’il juge «indigne d’une société moderne». Il s’engage à «promouvoir de meilleures solutions d’appui social et de conseil pour porter remède aux situations de détresse».
Considérant que «la vie d’un enfant commence à sa conception», les signataires de la déclaration estiment que «le régime des délais minimise la mort d’un enfant et les conséquences de celle-ci pour la mère». En cas de «oui», ils redoutent une «pression sociale sur les femmes et les couples en vue d’interrompre la grossesse d’enfants non attendus». Une telle pression, estiment-ils, «amènera tôt ou tard à mettre en doute le droit de vivre des personnes handicapées ou âgées». (apic/ag/com/bb)
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