Le Congrès de Fribourg permet de rester dans les chiffres noirs

Porto Alegre: Le Conseil de l’UCIP interpellé par les ravages de la mondialisation néolibérale

Porto Alegre, 17 avril 2002 (APIC) Le Conseil de Union catholique de la presse (UCIP), réuni du 15 au 20 avril en assemblée générale à l’Université jésuite d’Unisinos, prés de Porto Alegre, au Brésil, a analysé l’impact de la globalisation en Amérique latine. En ouverture des débats, le président de l’UCIP, Ismar de Oliveira Soares, professeur de communication et d’éducation à l’Université de Sao Paulo, a interpellé les participants sur les ravages de la mondialisation néolibérale, en particulier en Amérique latine.

Dix ans exactement après le Congrès mondial de l’UCIP, tenu en 1992 à Campos do Jordao, au Brésil, la situation socio-économique s’est gravement détériorée pour les plus pauvres. Aujourd’hui, avec les programmes économiques et les politiques imposés par les pays riches et les institutions financières internationales, le fossé entre riches et pauvres s’est élargi d’une façon dramatique,

Il y a quelques années, le revenu moyen des populations vivant dans les pays les plus riches était 40 fois plus élevé que celles vivant dans les pays pauvres, il est désormais de 80 fois plus élevé. En d’autres mots, les institutions mondiales ont «réussi à avoir 100% de croissance de l’injustice sociale dans une courte période alors que leurs programmes économiques promettaient le paradis.»

Les pauvres sont réduits au silence, où sont les journalistes ?

Dénonçant le fait que les pauvres, victimes d’une misère abjecte meurent avant l’âge des suites de la faim et de la maladie, le professeur Ismar de Oliveira Soares s’est demandé où sont les journalistes qui ont la responsabilité de parler, d’écrire et de faire connaître l’injustice croissante, qui caractérise le monde contemporain. «Comment se fait-il que ces populations soient réduites au silence par des multinationales, des politiciens ou des leaders religieux?» a-t-il lancé à l’adresse des journalistes catholiques présents qu’il a incités à «rester fidèles à leur noble profession».

Nouveaux statuts approuvés par le Saint-Siège et finances dans les chiffres noirs

Adoptés à une très large majorité lors du Congrès mondial de l’UCIP en septembre dernier à Fribourg, les nouveaux statuts de l’UCIP, qui ouvrent désormais l’organisation à des non catholiques engagés dans le monde de l’information et qui adhérent aux finalités de l’UCIP, ont été approuvés par le Saint-Siège. Ce point, qui avait fait l’objet d’un vif débat l’an dernier au sein de l’UCIP, a été confirmé dans un message du Vatican signé par l’archevêque américain John P. Foley, président du Conseil pontifical pour les communications sociales à Rome.

Grâce au succès du Congrès mondial de l’UCIP à Fribourg, dont le résultat a été positif contrairement aux récentes éditions, l’UCIP a pu boucler ses comptes sur un solde positif de quelque 2’700 francs. La maîtrise des coûts du Congrès a permis aux organisateurs locaux, qui ont été vivement applaudis, de verser 30’000 francs à l’UCIP.

Si le budget 2002 vise l’équilibre, le trésorier Jean-Marie Scheerlinck craint pour l’avenir financier de l’organisation. Il relève que la sécularisation en marche en Europe (d’où provient le 80% des ressources financières de l’UCIP), avec la disparition des maisons d’édition catholiques et l’apparition de jeunes managers plus prompts à rendre des comptes à leurs actionnaires qu’à défendre l’identité catholique de leur publication, va rapidement fragiliser les finances de l’UCIP. Ainsi, la récente dissolution de l’Association des éditeurs catholiques de Belgique a fait perdre 16’000 francs de cotisation à l’UCIP.

Réélection du vice-président de l’UCIP

Soumis á réélection, le vice-président de l’UCIP, Jacques Berset, rédacteur en chef de l’APIC, a été réélu à l’unanimité. Son second mandat s’achèvera lors du prochain Congrès mondial de UCIP, en octobre 2004 à Bangkok, en Thaïlande. Le trésorier Jean-Marie Scheerlinck et le secrétaire général Joseph Chittilappilly ont également été reconduits à leur poste à l’unanimité moins une voix. (apic/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/porto-alegre-le-conseil-de-l-ucip-interpelle-par-les-ravages-de-la-mondialisation-neoliberale/