«Il n’y a pas de combattants recherchés dans la basilique»
Bethléem, 19 avril 2002 (APIC) Jihad Abdel Rahman, 16 ans, s’est retrouvé enfermé dans la Basilique de la Nativité le 3 avril à Bethléem. Il vient d’en ressortir et témoigne des conditions de vie qui se sont dégradées dans le bâtiment depuis quelques jours. Il n’y aurait pas de femmes ni d’enfants. Ni de combattants recherchés à l’intérieur, selon le jeune homme: «Ce sont des policiers de l’Autorité palestinienne, c’est tout».
Au lendemain de l’invasion de Bethléem, cet adolescent originaire du camp de réfugiés voisin de Dheisheh, s’est retrouvé pris au piège. «Je savais que des hommes s’étaient réfugiés dans l’église dès les premières heures, raconte-t-il dans les colonnes du quotidien français «Libération» du 19 avril. «Avec des copains de Beit Sahour, nous avions décidé de leur amener des cigarettes et du pain. La première fois, il n’y a pas eu de problème, je suis entré et ressorti». Au second passage, il est resté coincé par l’avancée des troupes israéliennes.
D’après le témoignage de l’adolescent, les conditions de vie à l’intérieur de la basilique et des trois couvents attenants se sont nettement dégradées ces derniers jours. «On avait un matelas et une couverture pour quatre, on était obligés de dormir à tour de rôle. J’avais froid et j’avais faim. Il n’y a pas d’électricité et de l’eau seulement par intermittence». Malgré les économies «pour une assiette de riz, nous sommes quatre» , les réserves de vivres semblent proches de l’épuisement.
201 personnes dans la basilique et les couvents
Les religieux dorment dans les couvents et les autres dans la basilique elle-même. «Il y a 201 personnes en tout, assure Jihad Abdel Rahman, dont 30 religieux». Parmi les assiégés, il y a un blessé grave dont la jambe est gagnée par la gangrène et deux morts, dont un policier, tué samedi dernier par un tireur d’élite alors qu’il était à découvert dans l’un des couvents.
«En tout cas, personne n’envisage de se rendre là-dedans», rétorque l’adolescent qui concède que le moral n’est pas au plus haut à cause de la fatigue et des tirs incessants des snipers israéliens postés sur les toits tout autour du complexe religieux et par les appels incessants à la reddition lancés par haut-parleurs.
Lorsqu’il a escaladé le mur d’enceinte, mercredi après-midi, Jihad s’est retrouvé face à des soldats qui l’ont arrêté. Après deux séances d’interrogatoire, il a été relâché jeudi et remis à l’hôpital de Beit Jalla. (apic/liberation/bb)
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