Accord historique

Slovaquie: Droits des Eglises minoritaires slovaques reconnus

Bratislava, 21 avril 2002 (APIC) Un Accord qualifié d’historique par les responsables d’Eglises minoritaires de Slovaquie, a été signé le 11 avril à Bratislava. Il prévoit notamment de garantir pour ces Eglises leur liberté et leur indépendance ainsi qu’un soutien financier de l’Etat à leurs activités.

«Ceci favorisera l’établissement d’une réelle paix confessionnelle dans le pays», a commenté Igor Kiss, théologien luthérien slovaque qui a collaboré aux négociations. La cérémonie de signature entre la République slovaque et les Eglises et sociétés religieuses enregistrées a été signé dans une chapelle du palais présidentiel de Bratislava.

Selon Igor Kiss, cet accord va ouvrir la voie à une plus grande «coexistence oecuménique», et donner aux 11 Eglises signataires les mêmes droits que ceux garantis par un traité entre la Slovaquie et le Vatican en décembre 2000 à l’Eglise catholique romaine, majoritaire dans le pays.

L’accord, qui a été signé par le président Rudolf Schuster et le Premier ministre Mikulas Dzurinda, garantit l’indépendance et la liberté aux Eglises minoritaires sur le plan des décisions et des nominations, et leur assure un soutien de l’Etat pour leurs activités culturelles, éducationnelles, sociales, charitables et pastorales.

L’accord a été signé par toutes – à l’exception de deux – les dénominations minoritaires enregistrées: l’Eglise apostolique; l’Union des baptistes; les Adventistes du septième jour; l’Eglise des frères; l’Eglise évangélique de la confession d’Augsbourg; l’Eglise hussite tchécoslovaque; l’Eglise méthodiste évangélique; l’Eglise orthodoxe des pays tchèques et de Slovaquie; l’Eglise chrétienne réformée; l’Eglise vieille-catholique; et l’Association centrale des sociétés religieuses juives.

Les relations entre Eglises ont souvent été tendues en Slovaquie, où les catholiques romains représentent 69 % de la population (5,4 millions d’habitants), et les autres grandes Eglises 15%, selon un recensement effectué en automne 2001.

Participation catholique

Pourtant, plusieurs accords ont déjà été signés avec l’Etat depuis les deux dernières années, entre autres un accord de décembre 2000 sur les biens que se disputent les Eglises orthodoxe et grecque-catholique, le premier de ce genre dans l’Europe de l’Est de l’après-communisme, et un accord sur la reconnaissance mutuelle des baptêmes entre catholiques romains et luthériens.

L’agence de presse catholique romaine slovaque fait remarquer que le traité de décembre 2000, ou Concordat, avec le Vatican, qui confirmait les droits de l’Eglise catholique, a donné la «principale impulsion» à l’accord du 11 avril, en soulignant la nécessité, pour les Eglises membres du Conseil oecuménique, d’obtenir de semblables garanties.

Même si l’Eglise catholique n’a pas signé le récent accord, la Conférence épiscopale slovaque a collaboré à la préparation de l’accord, a fait remarquer Igor Kiss, qui dit n’avoir entendu que des «réactions positives» de la part des observateurs catholiques romains.

L’accord slovaque contraste avec la nouvelle loi adoptée en décembre 2001 par la République tchèque voisine, qui a réimposé des restrictions sur les activités des Eglises. Le Conseil oecuménique des Eglises de Tchécoslovaquie et l’Eglise catholique romaine avaient largement protesté contre la loi. (apic/eni/pr)

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