Bénin: Les sectes religieuses prolifèrent
Cotonou, 21 avril 2002 (APIC) Les sectes religieuses ou nouvelles religions envahissent le Bénin, petit pays francophone de l’Afrique de l’ouest, voisin du puissant Nigeria anglophone. Les services du ministère de l’Intérieur ont officiellement enregistré une vingtaine de sectes. Ce chiffre ne reflète pas la réalité, car, estime-t-on à Cotonou, la capitale, la seule filière nigériane dans le pays en compte plus d’une trentaine.
Cette explosion de sectes est liée aux crises qui éclatent dans la plupart d’entre elles, à cause de rivalités entre responsables, sur fond d’intérêts personnels. Il y a aussi des conflits autour de l’interprétation des «écritures saintes. Des différends qui aboutissent à des fractures au sein des sectes. Dans ces cas, «l’aile dissidente part avec des fidèles acquis à sa cause et en recrute d’autres par le biais d’un réseau constitué de spécialistes de l’endoctrinement».
Ces dernières années, les nouvelles religions ont poussé comme des champignons. Elles recrutent leurs adeptes dans toutes les couches sociales, explique un nouveau mensuel panafricain, «Afrique Diagnostic», dans un dossier sur «l’Afrique des sectes: les supermarchés de la foi». Certaines sectes locales sont soutenues par des «Eglises-mères» implantées en Europe, mais aux Etats-Unis.
Pour avoir le plus grand nombre d’adhérents, les responsables des sectes jouent à fond la carte des problèmes sociaux. Ils promettent aux fidèles, la guérison par la prière, la paix du c?ur, le désenvoûtement, des solutions à leurs problèmes de pauvreté, de chômage, de relations sentimentales, conflictuelles.
Dans certains cas, les pasteurs réclament à leurs fidèles, des rémunérations sous forme de dîmes. Certaines sectes réclament par exemple aux femmes de leur offrir leurs bijoux et leur imposent de nouveaux modes d’habillement «plus en conformité» avec leur foi. Beaucoup d’adeptes se laissent prendre au jeu. L’appât du gain facile est tel que la filière des sectes est un filon porteur au Bénin.
Selon «Afrique Diagnostic», «de plus en plus, les hommes politiques adhèrent à des sectes, les parrainent et les entretiennent pour s’en servir comme base électorale et instrument de propagande au moment opportun». Les discours politiques sont parsemés de références et de citations bibliques des sectes.
Déviances
Par ailleurs, le milieu des sectes religieuses est un haut lieu de la déviance morale au Bénin. Beaucoup d’entre elles prônent et encouragent l’escroquerie, certes, mais surtout l’adultère. Leurs dirigeants «religieux» imposent aux femmes mariées d’avoir un mari «spirituel» au sein de la confrérie qu’ils dirigent. «C’est un frottement pour gagner le paradis», affirment leurs responsables. Ils transforment les séances de «prières» en moments de réjouissances sexuelles intenses, qui, disent-ils, permet de «se libérer des sueurs diaboliques pour favoriser l’ascension des âmes au ciel». Selon eux, «c’est la seule condition de purification pour entrer au paradis».
D’autres sectes béninoises aussi interdisent formellement à leurs fidèles, l’usage de médicaments, des injections et transfusions sanguines, invoquant des pêchés. Selon elles, seule la prière peut guérir. Le plus grave reste l’embrigadement des jeunes qui abandonnent tout pour se donner à «l’évangélisation». (apic/ibc/pr)
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