Terre Sainte: Les franciscains interpellent Arafat sur la présence palestinienne à la Nativité
Rome/Bethléem, 22 avril 2002 (APIC) Les responsables franciscains à Rome ont interpellé dimanche le président de l’Autorité palestinienne (AP) Yasser Arafat sur la présence palestinienne à la basilique de la Nativité. Le gouvernement général de l’Ordre des Franciscains, recevant le 21 avril Nemer Hammad, représentant en Italie de l’AP, propose une nouvelle fois de faire partir les occupants vers le territoire palestinien de la bande de Gaza sous garantie internationale.
Lors de la rencontre, les franciscains ont exprimé leur « extrême préoccupation » face à la prolongation de « la situation intolérable au sanctuaire de la Nativité de Bethléem » et dans tout son voisinage. A l’intérieur du complexe assiégé par l’armée israélienne depuis trois semaines, les conditions sont toujours plus désastreuses: les Israéliens ont coupé l’eau, l’électricité et le téléphone et ils refusent l’évacuation de cadavres en décomposition.
Les franciscains ont demandé au représentant palestinien de transmettre au président Arafat la demande « de faire tout son possible pour que l’on trouve sans tarder cette solution pacifique souhaitée par l’Ordre dès le début de la crise il y a maintenant vingt jours ».
Les responsables franciscains ont aussi rappelé la lettre ouverte écrite au président Arafat par quelques évêques et communes italiennes jumelées avec Bethléem. Ils demandent, dans cette lettre, au président palestinien « d’enlever toute réserve et tout obstacle qui pourraient empêcher le commencement immédiat des négociations, même si les exigences étaient les plus justes et les plus compréhensibles ». Et cela, à cause des « conditions très graves dans lesquelles se trouvent les religieux et les religieuses, les moines grecs et arméniens, mais aussi de nombreux concitoyens (du président), qui se trouvent barricadés dans le lieu saint, et dans le sanctuaire lui-même ».
Pour une « solution pacifique »
Dans un communiqué de presse, les franciscains précisent que « la solution pacifique », déjà connue des Palestiniens et des Israéliens depuis le début de la crise, prévoyait que les hommes armés actuellement barricadés dans le sanctuaire – essentiellement, semble-t-il, des policiers de l’Autorité palestinienne, pourraient être accompagnés, sous garantie internationale, dans le territoire autonome palestinien de Gaza.
« De cette manière, explique la curie de l’Ordre à Rome, la crise se résoudrait de manière pacifique, en obtenant que soit dégagé le sanctuaire et tous les bâtiments, la restitution du caractère sacré de la basilique et des monastères, et la sauvegarde pour tous. Il revient aux parties de discuter et d’accepter une solution pacifique, mais l’existence de cette proposition enlève toute justification au retard incroyable auquel on a assisté jusqu’à présent de part et d’autre ».
Dimanche, le pape Jean Paul II avait réclamé que les lieux saints assiégés par l’armée israélienne soient restitués à la prière et aux pèlerins. Les chefs religieux des Eglises chrétiennes de Terre Sainte et des centaines d’Arabes israéliens ont manifesté pacifiquement dimanche devant les barrages israéliens pour réclamer la fin du siège de la Nativité.
Une catastrophe pour la chrétienté
La présence de deux cadavres de musulmans dans l’église de la Nativité, dont Israël refuse toujours l’évacuation, a également une dimension religieuse. Considérés comme des « martyrs », ils pourraient être enterrés dans ce lieux saint chrétien, ce qui serait « une catastrophe pour la chrétienté », a déclaré le chanoine Andrew White, représentant spécial de l’archevêque de Canterbury au Moyen-Orient. « Ce serait catastrophique si deux martyrs musulmans étaient enterrés dans l’église. Cela pourrait conduire à une situation comme celle de Nazareth », a-t-il insisté.
Pour l’émissaire anglican, l’enlèvement des deux cadavres est de première importance pour les responsables des trois parties impliquées dans l’affaire de la Nativité, qui s’enlise depuis trois semaines. Après des efforts de médiation intense, les plans pour l’enterrement provisoire des corps à l’intérieur de la basilique ont été abandonnés, mais aucun progrès n’a été fait pour organiser leur enlèvement. Le chanoine White a exprimé son inquiétude concernant la violation d’un lieu saint très cher aux chrétiens mais également à propos de la situation humanitaire à l’intérieur du complexe de la Nativité. (apic/fides/haar/be)
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