Bethléem: Appel angoissé des franciscains, sans eau ni nourriture ni électricité ni téléphone
Bethléem/Rome, 22 avril 2002 (APIC) Au bout de leur résistance physique et psychique, les moines franciscains de la basilique de la Nativité, à Bethléem, ont lancé lundi 22 avril un appel angoissé. Ils sont sans eau ni nourriture ni électricité ni téléphone, car les Israéliens ont coupé les lignes fixes il y a plusieurs jours. Le générateur qui sert à recharger les piles des téléphones mobiles n’a plus de kérosène et les franciscains craignent d’être coupés du monde dans les heures qui suivent.
Le Père Séverin, un franciscain polonais de 32 ans, professeur de philosophie, a lancé un appel angoissé lundi à l’agence d’information vaticane FIDES. «Depuis quelques jours, les Israéliens ont coupé les lignes téléphoniques fixes; nous n’avons plus ni lumière ni eau depuis plus de 10 jours ou nous n’avons désormais plus de nourriture, tandis que le générateur à kérosène n’a plus que quelques litres de carburant».
Dans un appel à l’ambassade d’Israël près le Saint-Siège, le Gouvernement Général de l’Ordre des Frères Mineurs (OFM) à Rome a réclamé le rétablissement immédiat des lignes téléphoniques et de l’électricité au couvent franciscain du complexe de la Nativité. Après des semaines d’appels sans réponses, les supérieurs franciscains font eux aussi des pas diplomatiques concrets et s’adressent directement aux représentants israéliens au Vatican, interpellant notamment Yosef Neville Lamdan, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire.
Les franciscains leur avaient déjà à plusieurs occasions «exprimé leur regret et leur inquiétude face à la coupure de toutes les lignes téléphoniques du couvent franciscain de Bethléem», peut-on lire dans un communiqué diffusé par la Curie générale de l’Ordre. L’ambassadeur israélien, qui a consulté le gouvernement israélien, n’a pas assuré que les lignes téléphoniques seraient rétablies.
Rappel historique à l’adresse d’Israël: les franciscains ont aidé les juifs face aux nazis
La Curie franciscaine a demandé à l’ambassadeur israélien de faire en sorte que les lignes téléphoniques et l’électricité soient rétablies immédiatement. Elle a en outre rappelé à l’ambassadeur l’héroïsme des franciscains au cours de la dernière guerre mondiale. «Ils risquèrent leur vie et les communautés religieuses pour sauver de nombreux juifs de l’extermination».
Ce coup de fil, précise le porte-parole des franciscains, Père Gianfranco Pinto Ostuni, est le dernier d’une série de contacts établis avec l’ambassadeur durant cette crise qui afflige depuis plus de 20 jours le lieu saint et les franciscains qui ?uvrent à son service. Le siège israélien en était lundi à son 21ème jour. Les quelque 240 Palestiniens barricadés à l’intérieur de la Basilique, les Frères et les S?urs franciscains et les moines orthodoxes sont désormais à bouts de forces, privés d’eau et d’électricité et avec quasiment plus de vivres à disposition.
Intervention d’évêques et de maires italiens
Lundi, alors que les autorités israéliennes font la sourde oreille à toutes les demandes de la communauté internationale d’évacuer les territoires occupés et de lever le blocus de Bethléem et Ramallah, les évêques italiens de Fiesole et Montepulciano, ainsi que Mgr Alessandro Plotti, archevêque de Pise et président de la Conférence épiscopale régionale de Toscane, ont lancé un appel au président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat. Leur lettre est signée également par les maires des communes italiennes jumelées avec Bethléem.
Leur missive demande à Arafat, prisonnier à Ramallah, de lever tous les obstacles à la négociations pour l’évacuation de la basilique de la Nativité. Les signataires avaient déjà interpellé le président Arafat le 19 avril. Ils lui demandent d’autoriser les assiégés à traiter avec les Israéliens, car ces derniers ont déclaré ne vouloir accepter ni trêve ni compromis, mais seulement la reddition des Palestiniens. En cas de refus, les signataires laissent entendre qu’Arafat devra porter la responsabilité des risques que courent les assiégés, Palestiniens et religieux.
Désinformation ?
Interrogé lundi par l’agence missionnaire MISNA, le maire de Bethléem, Hanna Nasser, a démenti les informations israéliennes selon lesquelles les Palestiniens armés retiendraient prisonniers dans une cave une cinquantaine de jeunes palestiniens qui désireraient partir. «Cela fait plusieurs jours que des rumeurs circulent à ce propos mais je ne puis les confirmer», a déclaré le maire. «Muhammad Al Madani, le gouverneur de la ville, qui se trouve dans l’église depuis le début du siège, m’a dit que personne n’était obligé de force à rester dans la basilique».
(apic/misna/fides/be)
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