Les islamistes crient victoire et attendent l’introduction de la charia

Niger: Le gouvernement a rompu ses relations diplomatiques avec Israël

Dakar, 24 avril 2002 (APIC) Les musulmans fondamentalistes du Niger se sont félicités de la rupture des relations diplomatiques entre leur pays et Israël. Le gouvernement du président Mamadou Tandjan a rompu le 21 avril ces relations à cause de la situation « dramatique que vit le peuple palestinien ». Les milieux islamiques se sentent renforcés et attendent l’introduction de la charia.

La communauté musulmane du Niger, un pays musulman à plus de 90% sur une population d’environ 8 millions d’habitants, est « satisfaite » de cette décision. Pour la première fois, le gouvernement a répondu à leur attente, a déclaré à radio France Internationale, Cheikh Boureïma Daouda, recteur de la grande mosquée de Niamey.

La rupture a eu lieu au lendemain d’une manifestation de rues des organisations islamistes. A cette occasion, le drapeau de l’état hébreux a été brûlé deux fois, à la place du grand marché de Niamey et devant l’assemblée nationale. La nouvelle de la rupture des relations diplomatiques entre Niamey et Tel-Aviv a été vite relayée par les intégristes dans les mosquées, leurs principaux points de regroupement.

Le Niger compte une quarantaine de mouvements intégristes religieux officiellement enregistrés auprès du ministère de l’intérieur. C’est le pays francophone d’Afrique noire le plus touché par le phénomène de l’islamisme. Laïque, aux plans politique et administratif, il est de plus en plus sous influence fondamentaliste du fait de sa proximité avec les états nord du Nigeria. Ceux-ci appliquent la loi islamique ou charia depuis deux ans.

Introduction de la charia, sans se presser

Selon le correspondant de l’AFP à Niamey les extrémistes musulmans affirment qu’ils attendent, sans se presser, l’introduction de la charia. « Cela prendra le temps qu’il faudra », a déclaré un militant fondamentaliste. « Chaque chose en son temps », a pour sa part, fait remarquer le cheikh Oumarou Ismaël, président de l’Association islamique du Niger.

Dans de nombreuses cercles nigériens, l’influence de la loi islamique se fait déjà sentir. De plus en plus de voix s’élèvent pour demander l’application de le peine de mort contre les auteurs de crimes graves. La population, dans son immense majorité, fréquente rarement les tribunaux de droit commun. Sa préférence va aux tribunaux traditionnels, proches de l’islam, pour régler des litiges de mariages, décès, d’héritage. Ce sont là des signes de la charia, ont fait observer des militants d’associations fondamentalistes.

Pour leur part, des intellectuels nigériens se sont montrés peu convaincus des avantages que leur pays pourrait tirer de l’application de la charia, dans un contexte de mondialisation. Le Niger étant l’un des pays les plus pauvre du monde, ils estiment qu’appliquer le Coran serait un « saut dans l’inconnu ». Ce n’est pas la solution idéale pour le sortir de la pauvreté, ont-ils ajouté. (apic/ibc/bb)

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