Le recours des franciscains rejeté par la Cour suprême israélienne

Bethléem: Encore aucun accord sur la basilique de la Nativité, aide humanitaire refusée

Bethléem, 25 avril 2002 (APIC) Le recours des franciscains du couvent de la Nativité de Bethléem réclamant la réinstallation de l’eau potable et des lignes téléphoniques coupées par les assiégeants israéliens a été rejeté par la Cour suprême israélienne. Les franciscains avaient espéré que les autorités militaires israéliennes, desquelles dépend le rétablissement de la lumière, de l’eau et des lignes téléphoniques, « écoutent sans tarder l’appel du pape » lancé mercredi. En vain.

Les militaires israéliens refusaient encore jeudi matin d’accéder aux demandes humanitaires – notamment l’évacuation de deux cadavres en putréfaction – tant que les Palestiniens ne se rendaient pas. Un officier israélien a déclaré que les négociations menées par la commission mixte israélo-palestinienne – qui se poursuivent jeudi – font partie d’une « campagne psychologique », mais que le but est d’obtenir la reddition sans conditions des Palestiniens.

« Nous ne partirons pas sans les avoir capturés », a-t-il déclaré à la télévision israélienne. Mercredi, les soldats israéliens ont abattu un Palestinien se trouvant dans le complexe de la Nativité. Jeudi, une dizaine de jeunes Palestiniens, dont deux enfants de dix ans, ont pu sortir de la basilique, tandis que les corps de deux combattants musulmans tués il y a deux semaines ont été finalement évacués.

Depuis 24 jours, les moines et les autres occupants de la basilique vivent une « situation inhumaine », selon les paroles prononcées mercredi par le pape Jean Paul II, qui a souhaité que soit mis fin aux conditions dramatiques auxquelles ils sont soumis. Porte-parole de la Custodie franciscaine de Terre Sainte, le Père David Jaeger a déclaré: « Notre c?ur déborde de gratitude pour ces paroles du Saint Père. Nous espérons que les autorités militaires écoutent sans tarder cet appel ».

L’armée israélienne change de discours: les franciscains ne sont pas des « otages »

La Cour suprême israélienne a rejeté dans sa totalité le recours des franciscains contre le blocus imposé par l’armée israélienne. Les juges Tova Strassberg Cohen et Edmund Levy ont rejeté la pétition des moines en vertu de la position de l’armée.

L’armée israélienne, qui déclarait pourtant ces jours derniers que les religieux étaient les « otages » des Palestiniens, a déclaré que les franciscains restaient dans leur couvent « de leur propre gré ». Des responsables religieux ont également démenti les rumeurs complaisamment répercutés par les médias israéliens selon lesquelles des moines « pris en otages » auraient été battus par les Palestiniens, qui auraient également volé des objets sacrés.

L’évêque arménien Aris Shirvanian a démenti les allégations de l’armée et des médias israéliens sur le fait que les moines ont été battus par les Palestiniens. Le Père Jaeger rappelle que les frères et les s?urs ont décidé de rester à la Nativité pour garder le lieu saint et favoriser une solution pacifique. Les religieux veulent éviter un bain de sang.

La commission mixte israélo-palestinienne n’était parvenue jeudi après-midi à aucun accord pour l’évacuation du sanctuaire de la Nativité où sont barricadés plus de 200 Palestiniens, ainsi que des franciscains, des religieuses, des moines arméniens et grecs-orthodoxes. Plusieurs réunions se sont tenues au « Centre pour la Paix », sur la place de la Mangeoire. Elles ne sont pas parvenues pour le moment à une solution pour régler la question de l’évacuation.

Les Palestiniens ont accepté le plan de Gaza

Plusieurs sources déclarent que la partie palestinienne, après avoir accepté de négocier sans mettre de conditions préalables, a même accepté le plan de Gaza. D’après ce plan, les Palestiniens recherchés par l’armée israélienne, et qui ne veulent pas se rendre, seraient transférés, sous garanties internationales, dans le territoire palestinien autonome de Gaza. Du côté israélien, en revanche, on continue à déclarer publiquement que l’armée n’acceptera qu’une reddition sans conditions.

Des sources israéliennes anonymes déclarent toutefois que, pour les Palestiniens irréductibles, l’armée accepterait aussi leur expulsion perpétuelle dans un autre pays. Interrogé par l’agence vaticane FIDES, le Père Jaeger rappelle que dès le début, la proposition de la solution de Gaza a été appuyée par nombre de personnes.

Un geste de clairvoyance réclamé à Israël

« S’il est vrai que les Palestiniens l’ont acceptée, poursuit-il, il faut maintenant un geste de clairvoyance et de magnanimité de la part d’Israël. En acceptant cette même proposition, on peut parvenir sans tarder à la fin immédiate de la situation insoutenable dans laquelle se trouvent le sanctuaire de la Nativité et tous les bâtiments qui l’entourent, y compris le couvent franciscain ».

La journée de mercredi a cependant été marquée par un résultat positif. L’armée israélienne a en effet permis la livraison au couvent de secours humanitaires mis à disposition par le consulat italien de Jérusalem. Selon les informations de l’agence missionnaire MISNA, un petit groupe de frères du couvent de Saint Sauveur, guidé par le maître des étudiants de théologie, le Père Dobromir, a pu livrer des vivres et de l’eau aux frères de Bethléem.

Israël pas prêt à rétablir l’électricité

Représentant du gouvernement israélien, l’avocat Yochi Gansin a déclaré que l’armée israélienne est opposée à l’entrée d’un médecin dans le complexe de la Nativité « parce qu’il pourrait être pris en otage ». « Israël n’est pas prêt à rétablir l’électricité et l’approvisionnement en eau pour les hommes armés qui s’y trouvent. » (apic/jpost/bbc/misna/fides/be)

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