Suisse: L’OSAR interpelle les autorités sur le sort de 3’000 requérants d’asile du Kosovo
Berne, 25 avril 2002 (APIC) Le prochain rapatriement de requérants d’asile appartenant aux minorités ethniques du Kosovo – discriminées par la majorité albanophone – pourrait signifier la destruction du fragile équilibre régnant dans cette province qui appartient toujours à la Serbie. L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) interpelle les autorités suisses à propos du sort des minorités non albanaises afin qu’elles puissent continuer à compter sur la protection de la Suisse.
La Suisse décide ces jours du destin d’environ 3’000 personnes qui proviennent du Kosovo, relève l’OSAR. Se fondant sur sa plus récente enquête sur place, l’organisation demande que les membres des minorités ethniques soient protégés. L’OSAR estime que leur renvoi est actuellement prématuré et dangereux, car l’existence des membres des minorités non albanaises demeure menacée au Kosovo.
Les minorités non albanaises discriminées au Kosovo: Serbes particulièrement exposés
Au cours des mois écoulés, une amélioration de leur sécurité a certes pu être constatée, mais seulement dans les districts et les enclaves où vivent ces minorités. Pour chercher du travail, les membres des minorités sont généralement contraints de quitter leurs lieux d’habitation et se trouvent ainsi concrètement mis en danger. Ils sont également victimes de discriminations et n’ont qu’un accès restreint aux institutions éducatives et sociales.
Les Serbes sont particulièrement exposés, mais les membres d’autres minorités – comme les Roms, Ashkali, « Egyptiens », Gorani et Bosniaques – sont également discriminés. Les personnes accusées, à tort ou à raison, de collaboration avec l’administration serbe sont sérieusement menacées. L’OSAR considère qu’une levée de l’admission provisoire est actuellement non seulement prématurée, mais également dangereuse – partageant en cela le point de vue d’organisations internationales.
Le HCR, l’OSCE et la MINUK (Mission des Nations Unies au Kosovo) craignent qu’une telle décision de la Suisse provoque un effet boule de neige: l’Allemagne et les Etats limitrophes du Kosovo pourraient suivre l’exemple. Un retour massif de dizaines de milliers de personnes réduirait à néant les efforts des organisations internationales en vue d’établir une paix durable. La conséquence en serait un nouveau mouvement de fuite.
Pour l’OSAR, de la patience et une politique d’asile intelligente sont de mise. Pour ces motifs, l’organisation de défense des réfugiés demande la poursuite de l’admission provisoire des minorités du Kosovo. Les retours ne doivent intervenir que sur une base volontaire après examen de chaque situation individuelle et avec l’implication des organisations internationales et de l’entourage de souche albanaise. (apic/com/be)
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