Suisse: «Aide suisse pour la mère et l’enfant» déçue du manque de soutien des évêques

La position de la CES soutenue par le Vatican

Bâle, 3 mai 2002 (APIC) L’association «Aide suisse pour la mère et l’enfant» est «très déçue» de la Conférence des évêques suisses (CES) et l’a fait savoir à ses sympathisants. Motif: les évêques ne donnent aucune consigne de vote sur leur initiative «Pour la Mère et l’Enfant» visant à interdire l’avortement. Les évêques suisses, soutenus par le Vatican, se disent d’accord sur le fond de l’initiative mais ont des réticences sur les moyens utilisés par les promoteurs.

Cette déception, l’association l’a exprimée par lettre à la CES en octobre 2001 déjà, peu après la prise de position dans laquelle les évêques ne donnaient aucune consigne de vote par rapport à l’initiative anti- avortement. Dans le même temps, ils disaient clairement «non» au régime des délais en matière d’avortement proposé en votation populaire le 2 juin. «Aide suisse pour la mère et l’enfant» s’en est également pris aux évêques suisses dans un courrier adressé à ses sympathisants.

Le secrétaire général de la CES, l’abbé Agnell Rickenmann, rappelle pour sa part que les évêques suisses rejoignent totalement le fond de l’initiative, à savoir la protection dès la conception de la vie de l’enfant à naître. S’ils ont renoncé à prendre position sur l’initiative, c’est que des divergences sont apparues sur les moyens utilisés. «Nous mettons l’accent sur les mesures sociales à adopter pour lutter contre l’avortement et non sur l’interdiction», rappelle l’abbé Rickenmann. Il exprime également des réticences sur la campagne «agressive» des auteurs de l’initiative.

«Oui, nous sommes très déçus», confirme à l’agence APIC Christoph Keel, porte-parole de l’association «Aide suisse pour la mère et l’enfant». «Les évêques disent que nous mettons l’accent uniquement sur l’aspect pénal. Or, nous demandons que les cantons garantissent l’aide nécessaire aux femmes concernées en détresse. Et nous-mêmes avons consacré 400’000 francs l’an dernier sous la forme d’aide sociale. Dans le cadre d’un texte constitutionnel, il ne nous était pas possible d’entrer dans les détails».

Evêques accusés de ne pas respecter la doctrine de l’Eglise

Le point de vue des évêques a également déplu à certains catholiques, qui leur ont écrit pour les accuser de ne pas respecter la doctrine de l’Eglise. «Nous avons expliqué notre position au cardinal Ratzinger, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, lors de la visite à Rome de notre présidium. Il nous a soutenus», relève le secrétaire général de la CES. «De plus, le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du conseil pontifical pour la famille, nous a écrit début avril pour dire qu’il appréciait la ’clarté de la position que les évêques suisses ont prise’ et pour nous apporter son soutien».

Des lettres de protestation contre les évêques suisses ont-elles été envoyées au Vatican, comme l’indiquent des bruits persistants? «Je n’en sais rien», répond l’abbé Rickenmann. Christoph Keel a également entendu parler d’un tel courrier mais dément totalement que son association en soit l’auteur. Sans exclure cependant que des sympathisants, à titre personnel, aient pris une telle initiative. (apic/bb)

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