Jérusalem: Israël fait diversion en reprochant aux autorités de maltraiter les chrétiens
Jérusalem, 7 mai 2002 (APIC) Israël cherche à faire diversion en reprochant à l’Autorité palestinienne de maltraiter les chrétiens de Bethléem, affirme le porte-parole du patriarcat latin de Jérusalem. Interrogé mardi par l’APIC, le Père Raed Abusahlieh qualifie de «pure propagande» les accusations rapportées lundi par la presse israélienne.
Selon les informations officielles, qui affirment se baser sur des documents confisqués lors de l’invasion des villes autonomes palestiniennes – un rapport de près de 100 pages que le Premier ministre Ariel Sharon a apporté à Washington – des fonds de l’Eglise auraient servi à financer des actes terroristes.
Des commerçants chrétiens de Bethléem, convoqués dans un commissariat de Bethléem, accusés de collaboration avec Israël, auraient ainsi dû acheter leur liberté pour des sommes allant de 5’000 à 100’000 dollars. Ces allégations ont provoqué des réactions indignées dans les milieux chrétiens de Terre Sainte, qui estiment qu’il s’agit là d’une phase de la guerre médiatique visant à affaiblir les Palestiniens et «à justifier l’agression contre eux.»
100’000 personnes sous couvre-feu depuis 35 jours
Sur place, des sources chrétiennes dénoncent la volonté israélienne de tenter ainsi de diviser les Palestiniens et de faire diversion sur la réalité de l’occupation militaire et de la répression en reprochant aux autorités palestiniennes de maltraiter les chrétiens. «Je n’ai jamais rien entendu de la sorte. Israël, qui occupe les territoires palestiniens, a toujours essayé d’exploiter le facteur chrétien-musulman. Comme chrétiens, nous sommes une partie intégrante du peuple palestinien», affirme le Père Raed Abusahlieh.
Le porte-parole du patriarche latin Mgr Michel Sabbah relève qu’en tant que chrétiens, «nous subissons la même occupation, la même humiliation. ce qui s’est passé récemment à Bethléem prouve que la répression israélienne ne fait aucune distinction entre chrétiens et musulmans!» Le Père Raed rappelle que depuis 35 jours, 100’000 personnes de la région de Bethléem sont sous couvre-feu: «Les enfants ne peuvent pas aller à l’école, les gens ne peuvent bouger, aller au travail, se ravitailler librement. Il s’agit d’une persécution visant toute une population!» (apic/be)
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