Rome: Discours de Jean Paul II aux évêques antillais à l’issue de leur visite Ad limina
Rome, 7 mai 2002 (APIC) Jean Paul II a dénoncé une confusion des rôles entre les laïcs et les prêtres, dans son discours aux évêques antillais venus à Rome pour leur visite Ad limina. Les recevant dans le palais apostolique le 7 mai, le pape a rappelé que le prêtre n’est pas un bureaucrate et que le laïc doit exercer sa vocation «en premier lieu dans le monde».
«Ce que le Concile a enseigné sur le caractère essentiellement séculier de la vocation du laïc est le plus souvent négligé», a déclaré Jean Paul II aux évêques de la Conférence épiscopale des Antilles. Il a particulièrement critiqué un engagement souvent trop «politisé» des laïcs «lorsqu’ils sont absorbés par l’exercice du pouvoir à l’intérieur même de l’Eglise». Cela arrive, a-t-il expliqué, à partir du moment où l’Eglise est considérée «en termes sociologiques ou même politiques».
Abordant ensuite le rôle des prêtres, Jean Paul II a affirmé qu’ils sont «d’abord et avant tout des prêtres et non pas des exécuteurs, des chefs d’entreprise, des financiers ou des bureaucrates». Il a mis en garde les évêques antillais contre les personnes qui affirment «que la diminution du nombre de prêtres est l’oeuvre de l’Esprit Saint et que Dieu lui-même conduirait l’Eglise, faisant en sorte que le gouvernement des fidèles laïcs se substitue au gouvernement des prêtres». «Une telle affirmation ne rend certainement pas compte de ce que les Pères conciliaires ont exprimé lorsqu’ils ont cherché à promouvoir une implication plus grande des fidèles laïcs dans l’Eglise».
En conclusion, Jean Paul II a rappelé l’objectif de l’Eglise d’instaurer «une profonde complémentarité entre les prêtres et les laïcs», dont «une mauvaise compréhension a parfois conduit à une crise d’identité et de confiance chez les prêtres, et aussi à des formes d’engagement trop cléricales ou trop politisées chez les laïcs». (apic/imed/bb)
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