Jean Paul II rencontre les autorités religieuses et politiques de l’Azerbaïdjan

96ème voyage de Jean-Paul II hors d’Italie

Transparence et honnêteté

De notre envoyé spécial Antoine Soubrier

Bakou, 22 mai 2002 (APIC) Le pape Jean Paul II a appelé les hommes politiques de l’Azerbaïdjan à plus de « transparence » et « d’honnêteté », dans la soirée du 22 mai 2002, alors qu’il était reçu au palais présidentiel de Bakou, la capitale du pays.

Rencontrant les représentants des principales religions du pays, ainsi que les représentants du monde de la politique, de la culture et des arts, il a par ailleurs félicité les autorités religieuses de l’Azerbaïdjan pour leur ouverture et leur tolérance vis-à-vis des autres religions.

Ne prononçant qu’une partie du discours ­ comme à l’aéroport, le pape a laissé une autre personne lire une grande partie du texte qu’il avait préparé -, Jean Paul II s’est adressé à chacune des catégories sociales présentes dans la grande salle de conférences du palais présidentiel. Près de 500 hommes ­ dont le président azéri, Heidar Aliyev – de toutes les religions avaient répondu présent au rendez-vous avec le chef de l’Eglise catholique. Une dizaine de femmes seulement ont assisté à la rencontre.

« La politique a besoin d’honnêteté et de transparence », a déclaré Jean Paul II aux hommes et aux femmes engagées dans ce domaine. Soulignant qu’il s’agit d’un secteur « hérissé de périls », le pape les a notamment mis en garde contre « la recherche égoïste d’intérêts personnels qui risque facilement de s’imposer » à eux. « Le peuple n’oublie pas », a-t-il enfin précisé, lançant là un défi particulièrement important dans ce pays qui cherche difficilement la voie de la reconstruction.

Jean Paul II s’est ensuite adressé aux représentants de l’islam, du judaïsme et du christianisme, en les félicitant un à un pour leur ouverture les uns aux autres, leur courage, ou encore leur constance à conserver « les antiques coutumes de bon voisinage ». Aux orthodoxes, le pape a consacré quelques lignes particulières afin de les remercier d’entretenir de bons rapports avec les catholiques. « Félicitations à toi en particulier, Eglise orthodoxe », a-t-il déclaré, remerciant ses membres d’avoir accueilli les catholiques « lorsque s’est déchaînée la fureur de l’athéisme sur cette région ». Après la chute du communisme, l’évêque orthodoxe de Bakou, Aleksander Iscein, avait prêté son église aux catholiques, avant que ces derniers ne puissent eux-mêmes avoir leur lieu de culte, en 1997. « Puisse ce témoignage grandir et se renforcer en éteignant avec la rosée de l’affection et de l’amitié tout foyer résiduel d’opposition ! », a conclu Jean Paul II.

Le pape s’est enfin adressé aux représentants du monde de la culture et des arts, insistant sur leur rôle à « donner une contribution essentielle » aux Azéris, et en particulier aux jeunes « qui se sentent perdus et qui sont à la recherche d’une identité ». L’Azerbaïdjan n’avait en effet jamais été libre avant la déclaration de son indépendance en 1992.

A la fin du discours, Jean Paul II a repris la parole pour improviser quelques mots, remerciant tous les participants à la rencontre, ainsi que les jeunes venus chanter des chants traditionnels azéris. Ensuite, le pape s’est rendu en papamobile jusqu’à l’hôtel « Irshad » ­ qui signifie « Guide spirituel » -, proclamé « siège diplomatique » pour la durée du séjour du pape en Azerbaïdjan. Le Vatican ne possède en effet aucune nonciature dans le pays, même si des relations diplomatiques ont été établies entre les deux parties le 23 mai 1992. C’est la première fois que Jean-Paul II loge dans un hôtel au cours d’un voyage pontifical. (apic/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/96eme-voyage-de-jean-paul-ii-hors-d-italie-1/