Une figure de l’Eglise roumaine sous le régime communiste

Roumanie: Décès du cardinal Alexandru Todea

Bucarest, 23 mai 2002 (APIC) Le cardinal uniate (catholique de rite oriental) roumain Alexandru Todea, symbole de la résistance anti- communiste, est mort mercredi à Tirgu Mures, en Transylvanie, quelques jours avant son 90ème anniversaire, a-t-on indiqué de source religieuse. L’ancien l’archevêque d’Alba Julia a été crée cardinal lors du consistoire du 28 juin 1991. Il s’était retiré de sa charge le 20 juillet 1994 pour raison de santé. Mgr Alexandru Todea fut ordonné évêque en 1950, deux ans après la suppression de l’Eglise uniate. Son témoignage a été un des moments forts du Synode des évêques sur l’Europe en automne 1991.

Diplômé en théologie, Alexandru Todea avait été arrêté et condamné à mort en 1951, en raison de ses prises de position contre le régime communiste et son refus d’abandonner la foi uniate (interdite en 1948).

Sa peine avait par la suite été commuée en prison à perpétuité, et le religieux a passé près de 14 ans dans les geôles communistes, avant d’être relâché en 1964, suite à la décision des autorités de l’époque d’amnistier les détenus politiques. Il avait ensuite été assigné à résidence surveillée durant 27 ans.

En 1991, deux ans après la chute du régime communiste, il avait été investi cardinal par le pape Jean Paul II. Une rencontre émouvante entre les deux hommes avait eu lieu en mai 1999, lors d’une visite du pape en Roumanie. Jean Paul II avait alors rendu hommage au courage du cardinal, paralysé depuis 1992 à la suite d’une attaque cérébrale, avant de le baiser sur le front.

Secrètement ordonné

L’Eglise uniate roumaine avait été interdite en 1948 par le régime communiste, qui lui reprochait notamment son obédience au Vatican. Plusieurs centaines de ses prêtres sont morts en prison après avoir refusé d’être convertis à l’orthodoxie, tandis que les lieux de culte ont été confisqués.

L’uniatisme est redevenu légal en 1990, mais la rétrocession des biens se heurte toujours à l’opposition des orthodoxes, majoritaires en Roumanie.

L’archevêque du diocèse gréco-catholique d’Alba Julia-Fagaras, avait été nommé à la suite de la légalisation en Roumanie, après des décennies, de l’Eglise de rite oriental unie à Rome.

Mgr Todea avait été ordonné secrètement évêque en 1950. Même après sa reconnaissance, l’Eglise gréco-catholique de Roumanie s’est trouvée confrontée à d’importantes difficultés, comme la confiscation, en 1950, par le gouvernement, des bâtiments et églises, remis à l’Eglise orthodoxe.

Europe: L’avenir de l’Europe: engagement politique, valeurs et religion

Les recommandations de la COMECE

Bruxelles, 23 mai 2002 (APIC) Le secrétariat de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne COMECE) a présenté une série de réflexions et de recommandations à la Convention européenne, sur « L’avenir de l’Europe: Engagement politique, valeurs et religion ».

Selon ce document, « la convocation de la Convention européenne offre aux citoyens et aux nombreuses institutions, associations et communautés de la société – dans les Etats membres comme dans les pays candidats – une possibilité unique de s’impliquer directement dans la construction de l’Europe de demain « . Il affirme que « le succès des propositions de la Convention européenne sera déterminé par leurs capacités à renforcer la contribution de l’Union européenne à la paix et à la prospérité en Europe, ainsi qu’à promouvoir le développement, la justice et la liberté dans le reste du monde ».

L’objectif du document de la COMECE est « d’aider l’Union européenne à satisfaire aux besoins de gouvernance à l’avenir. En particulier, il recommande qu’un futur Traité constitutionnel de l’Union européenne devrait inclure une invocation de Dieu, avec une référence inclusive à la transcendance, afin de permettre l’identification des citoyens avec les valeurs de l’Union européenne, de montrer que le pouvoir public n’est pas absolu et de garantir la liberté de la personne humaine.

Reconnaissance

· Les droits fondamentaux devraient être reconnus dans un futur Traité constitutionnel, y compris la liberté religieuse dans ses dimensions individuelle, collective et institutionnelle, estime encore la COMECE, parmi d’autres points.

· Entre autres que les grands mouvements et traditions religieux, spirituels, et intellectuels devraient être reconnus « comme héritage signifiant pour notre temps et pour l’avenir de l’Europe »; que « la contribution spécifique des Eglises et communautés religieuses devrait être enregistrée dans un traité de base de la future Union européenne ».

Pour la COMECE enfin, un futur traité constitutionnel de l´Union européenne devrait incorporer la déclaration N° 11 de l’Acte final au traité d’Amsterdam, qui assure le respecte du statut des Eglises et des communautés religieuses comme enregistré par chaque Etat.

La Convention européenne devrait avoir terminé ses travaux début 2003. Des groupes de travail seront mis sur pied pour étudier des questions spécifiques. Une audition de la société civile est prévue pour le mois de juin. Le secrétariat de la COMECE espère faire des contributions plus détaillées à ce processus. (apic/zn/pr)

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