96ème voyage de Jean-Paul II hors d’Italie
Un pas vers l’adhésion de la Bulgarie à l’Union européenne
Antoine Soubrier, envoyé spécial de l’APIC
Sofia, 24 mai 2002 (APIC). Leurs fidèles catholiques et orthodoxes, mélangés sur le parcours, croient que la visite du pape va jouer un grand rôle dans le rapprochement des deux communautés. Ils souhaitent également que l’événement favorisera l’adhésion de la Bulgarie à l’Union européenne.
« Il est rare que je me retrouve au milieu de catholiques pour un événement religieux », a déclaré Valery, ingénieur bulgare de religion orthodoxe, venu voir le pape avec sa femme et son fils de 13 ans. « Cette visite nous rapproche d’autant plus qu’elle coïncide avec la fête des saints Cyrille et Méthode que catholiques et orthodoxes vénèrent », a-t-il ajouté. Pour lui, Jean Paul II peut « jouer un grand rôle dans le rapprochement entre les deux Eglises ». « Son autorité morale et politique a eu des conséquences positives après la plupart de ses voyages », a conclu Valery avec un brin d’émotion dans la voix au moment du passage du pape. « Alors pourquoi sa visite ici n’aurait-elle pas d’effets positifs ? ».
Pour sa femme, Zlatinka, la venue de Jean Paul II peut surtout avoir un rôle important dans l’entrée de la Bulgarie en Europe. « On en a assez d’être déconnectés du reste de l’Europe, alors qu’on en fait déjà partie géographiquement et culturellement », a-t-elle déclaré. « Il faut que nous nous retrouvions ensemble entre catholiques et orthodoxes, pour agir dans des domaines tels que la lutte contre le terrorisme ou encore contre la pauvreté ». C’est la première fois que cette famille voyait le pape « en vrai ».
Contacts « quasiment inexistants » en temps normal
Parmi les fidèles catholiques, Eugenia Patacheva, soeur de Mgr Christo Proykov, président de la Conférence épiscopale bulgare, a confirmé que les contacts entre catholiques et orthodoxes sont « quasiment inexistants » en temps normal. Membre de la communauté des Focolari, elle a toutefois l’occasion de dialoguer avec les fidèles orthodoxes au sein de ce groupe fortement engagé au niveau oecuménique dans ce pays à forte majorité orthodoxe.
« Les jeunes sont plus ouverts que les personnes âgées », a par ailleurs ajouté la soeur du prélat avec une pointe d’espoir. Toutefois, a-t-elle déploré, ils sont fortement tentés de partir à l’étranger pour trouver de meilleures conditions. « Les salaires moyens que nous gagnons en Bulgarie ne sont pas suffisants pour vivre », a-t-elle conclu, souhaitant qu’une plus grande collaboration entre les deux religions puisse permettre à la Bulgarie d’assurer un meilleur avenir à son peuple. (apic/imed/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/96eme-voyage-de-jean-paul-ii-hors-d-italie-4/