Colombie: Présidentielle: tout est dit au premier tour déjà
Bogota, 27 mai 2002 (APIC) Le candidat de droite Alvaro Uribe, 50 ans, partisan de la «mano dura» contre la guérilla, est devenu dimanche le 43ème président de Colombie. Le peuple ne sera donc pas appelé à retourner aux urnes pour un second tour. Fait significatif: plus de la moitié des électeurs a boudé les urnes.
Uribe, devance Horacio Serpa, le candidat Libéral, qui recueille à peine plus de 31% des suffrages. Les autres, y compris le candidat de la gauche, Eduardo Garzon, avec 6,2% sont battus, distancés. La prisonnière-candidate Ingrid Betancourt, enlevée par les FARC (Forces armées révolutionnaires colombiennes) le 25 février dernier, toujours retenue par la guérilla, obtient moins d’un pourcent. La pasionaria des écologistes et de la lutte anticorruption dans le pays le plus corrompu au monde n’a curieusement pas fait recette. Avec seulement 53’684 votes, elle arrive cinquième. Un seul candidat, Bedoya, aura fait moins bien. A noter que contrairement aux précédentes élections, les sondeurs ont plus ou moins mis dans la cible.
Vendredi dernier, l’Organisation des Etats américains s’inquiétait des pressions exercées par les paramilitaires des AUL (Autodéfense unie de Colombie) sur les électeurs afin de soutenir Uribe, l’ex-gouverneur d’Antioquia (Medellin) et dissident du Parti libéral. L’OEA constatait également les pressions des FARC, qui invitaiet les civils à ne pas voter Uribe. Selon le quotidien de Bogota «El Tiempo», le taux d’abstention à ce scrutin est particulièrement élevé, avec près 54%, sur près de 24 millions d’électeurs.
Dès sa première déclaration publique, Alvaro Uribe a appelé à une «médiation internationale» dans le conflit colombien, pour un «dialogue avec les groupes armés en marge de la loi». Dans une invitation à «la réconciliation», le vainqueur du scrutin a toutefois demandé aux «groupes violents», sans les nommer, une série de gages, comme «la fin du terrorisme et un gel des hostilités».
Craintes
Connu pour sa fermeté, Alvaro Uribe est prêt à une lutte frontale contre les FARC, principale guérilla du pays avec 17’000 hommes. La recrudescence des violences dans le mois qui a précédé le scrutin ne laisse rien présager de bon. La victoire du candidat de «Colombia primero» pourrait bien amener à une radicalisation des tensions, dans un pays aujourd’hui plus proche que jamais de la guerre civile. Dans un entretien accordé la semaine passée à l’APIC, le Colombien Yvan Forero Robayo, sociologue et historien, craignait l’issue de ce scrutin. «Qui votera dimanche pour Uribe optera pour la guerre», analysait-il.
Le scrutin de dimanche s’est cependant déroulé dans un calme presque total, sous la protection de 212’000 policiers et militaires dans le cadre du «Plan Démocratie», avec la «loi sèche» (interdiction de la vente et consommation d’alcool) en vigueur depuis vendredi. Les seuls incidents notables ont eu lieu dans cinq des 1’098 municipalités, où le matériel de vote a été détruit par la guérilla dans une province éloignée de la capitale. (apic/pr)
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