L’Eglise se dresse en barrage

Malawi: Campagne déguisée pour une réforme de la constitution

Blantyre, 27 mai (APIC) 2002 L’Eglise catholique du Malawi se dresse en barrage et met en garde contre une réforme unilatérale de la Constitution visant à permettre au président Bakili Muluzi de briguer un troisième mandat de cinq ans en 2004.

Considérée comme la voix des opprimés du pays, l’Eglise a mis en garde et s’est montrée déterminer à combattre ce projet non encore officiel. Les chefs traditionnels et militants du Front démocratique uni (UDF) du chef de l’Etat battent pourtant campagne pour qu’il soit autorisé à se présenter pour la 3e fois devant les électeurs, à la fin de son mandat. Le président Muluzi, un musulman, a été élu pour la première fois, en 1994, puis une seconde fois en 1999, grâce au soutien de l’Eglise.

La constitution malawite interdit trois mandats successifs. Kamuzu Banda, le prédécesseur de Bakili Muluzi, a dirigé le Malawi d’une main de fer pendant plus de 30 ans. Il était considéré comme un dictateur et a été combattu par l’Eglise, très influente.

Dans un communiqué publié à l’issue d’une session tenue ce week-end sous la présidence de l’archevêque de Blantyre, Mgr Tarcisius Ziyaye, plus de 100 membres du clergé affirment que l’Eglise est « fortement opposée » à un troisième mandat du président en exercice. « Nous nous en tenons tous à la lettre et à l’esprit de la Constitution et nous disons non à un 3e mandat », indiquent-ils.

Démocratie en échec

Le moment venu, ajoutent-ils dans le texte, l’Eglise trouvera les moyens de s’opposer à la réforme constitutionnelle. Selon le clergé, « la démocratie (en cours dans le pays) est un échec. Si nous ne sommes pas vigilants, nous allons revenir à l’ancienne dictature de parti ».

Selon les observateurs sur place, la loi malawite offre au parlement la possibilité de voter un changement de la constitution. Il faudrait cependant que l’amendement proposé recueille les deux tiers des 193 voix que compte l’assemblée nationale. Or, dans la situation actuelle, l’UDF du président Muluzi ne compte qu’une majorité simple des sièges. (apic/ibc/pr)

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