Nigeria: Le tribunal islamique de Funtua examine l’appel de Amina Lawal, condamnée à mort
Abuja, 3 juin 2002 (APIC) Un tribunal islamique de Funtua, dans l’Etat de Katsina, au nord du Nigeria) examinera lundi la procédure en appel de Amina Lawal, condamnée à mort par lapidation pour adultère le 22 mars, ont indiqué des défenseurs des droits de l’Homme.
Amina Lawal, une villageoise de 30 ans, est la seconde Nigériane condamnée à mort pour adultère depuis l’instauration de la charia (loi islamique) dans 12 Etats du nord du Nigeria. La première avait finalement été acquittée en appel.
Le 22 mars, un tribunal islamique de Bakori, dans l’Etat de Katsina (nord) avait condamné à Amina à mort, après qu’elle eut avoué avoir eu un enfant alors qu’elle était divorcée.
Amina, la plus jeune d’une fratrie de 13 enfants, a été mariée deux fois. Après son deuxième divorce en juin 2000, elle avait entamé en décembre une relation avec un homme qui avait duré onze mois, jusqu’en novembre 2001, date à laquelle elle a accouché d’une petite fille, Wasila. Elle a été arrêtée le 4 mars 2002 par des gens de son village de Kurami après que son beau-père l’eut dénoncée au chef du village.
La condamnation d’Amina est intervenue trois jours avant que la Cour d’appel islamique de l’Etat voisin de Sokoto n’acquitte Safiya Husaini, une Nigériane de 35 ans dont la condamnation pour les mêmes motifs avait suscité un large mouvement de protestations dans le monde.
Selon la charia, réintroduite en 2000 dans une douzaine d’Etats du nord du Nigeria, à majorité musulmane, une femme mariée une première fois, même si elle a ensuite divorcé, commet un adultère si elle a des relations sexuelles sans être remariée. La grossesse est la seule preuve requise. L’introduction de la charia dans le nord du Nigeria a crée la controverse dans cet Etat fédéral et provoqué dans le passé des émeutes sanglantes entre communautés. Les gouverneurs des 12 Etats du nord à majorité musulmane dans lesquels la loi islamique a été mise en place subissent des pressions de groupes islamiques désireux de voir les verdicts d’amputations ou de lapidations exécutés.
Le gouvernement fédéral du président Olusegun Obasanjo a toutefois déclaré la charia contraire à la constitution et a appelé les Etats du Nord à faire preuve de modération particulièrement avant les élections locales prévues en août. (apic/ag/pr)
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