Le CIMI inquiet pour l’avenir de cette Fondation

Brésil: Le président de la Fondation nationale de l’Indien limogé par le gouvernement

Rio, 14 juin 2002 (APIC) Glênio da Costa Alvarez, président de la Fondation nNationale de l’Indien (FUNAI, organisme gouvernemental), a été limogé de sa charge. La nouvelle a été annoncée il y a quelques jours par le ministre de la Justice brésilien Miguel Reale Jr. sans fournir d’explications, indique vendredi l’Agence Misna à Rome.

Des sources du Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI) révèlent toutefois que c’est le chef de l’Etat en personne, Fernando Henrique Cardoso, qui aurait demandé la tête de Da Costa Alvarez. Ce qui est certain, ajoute le CIMI, c’est que le responsable de la FUNAI, avait suscité ces derniers temps le mécontentement des détracteurs des peuples indigènes.

Il y a deux semaines, le ministre Reale Jr était intervenu en personne pour bloquer les travaux de démarcation de la Terre indigène Araça’í de l’ethnie Guaraní, entamés sur ordre d’Alvarez. Selon le CIMI, la décision a été adoptée après une consultation entre Reale Jr et les députés Gervasio Silva et Antonio Carlos Konder Reis, tous deux du Parti du Front Libéral (PFL), notoirement hostiles aux droits des peuples indigènes.

Il y a quelques jours, Da Costa Alvarez s’était déclaré hostile à un projet de loi présenté par le sénateur du Parti de la Démocratie Sociale Brésilienne (PSDB) Jucá, qui envisageait d’autoriser sans limitations l’exploitation des ressources minières sur les territoires indigènes. Cependant, le projet de loi sera sans aucun doute approuvé dans les prochains jours, rapporte encore le CIMI.

Au delà de ces deux derniers épisodes, il est important de souligner que Da Costa Alvarez a entravé à plusieurs reprises les intérêts du sénateur Jucá, à la tête de la FUNAI de mai 1986 à septembre 1988, rappelle Misna.

Recul

Pour sa part, poursuit le CIMI, Jucá a toujours encouragé les chercheurs d’or à envahir les territoires des Yanomamis de Roraima, faisant payer un lourd tribut à la population indigène. En 1988, Jucá fut nommé par le président de l’époque, José Sarney, gouverneur de l’Etat de Roraima et sa carrière politique connut à partir de ce moment là un véritable essor.

« La sortie de scène de Da Costa Alvarez et sa substitution par Otacilio Antunes do Reis Filho représentent un recul préoccupant » commente le CIMI. « Les droits constitutionnels des peuples autochtones seront à partir de maintenant de plus en plus en danger et ils le seront tant que le gouvernement Cardoso ne sera pas prêt à adopter une politique « indigéniste » plus sérieuse et plus respectueuse ». (apic/mna/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/bresil-le-president-de-la-fondation-nationale-de-l-indien-limoge-par-le-gouvernement/