Danger pour tous les citoyens, dénonce Shalom Dichter
Tel Aviv, 17 juin 2002 (APIC) La discrimination des secteurs arabes en Israël se poursuit, selon le rapport annuel publié par l’organisation «Sikkuy», une association pour la promotion de l’égalité des chances. Le rapport relève que les besoins de développement et d’infrastructures des villes et des villages arabes sont bien plus importants, mais ils reçoivent cependant des budgets de développement de l’Etat bien moindres que les localités juives de taille correspondante.
Le fossé existant entre la minorité arabe et la majorité juive se creuse encore davantage avec l’aggravation des inégalités de traitement, déplore l’organisation à la tête de laquelle on trouve un directeur juif et un directeur arabe. Selon le quotidien israélien «Ha’aretz», qui cite le rapport de l’association, le chômage dans le secteur arabe est 35% plus élevé que dans le secteur juif. 15 à 20 villes et villages arabes sont régulièrement en tête des statistiques du chômage publiées mensuellement.
Etant donné le fort taux de chômage de la minorité arabe (18,5% de la population totale), on pourrait s’attendre à ce qu’elle soit surreprésentée dans les cours de qualification professionnelle mis en place par le Ministère de l’industrie et du commerce, mais ce n’est pas le cas: seuls 10% des participants aux cours appartiennent à la population arabe israélienne.
Le rapport de l’organisation «Sikkuy» montre que durant les quatre premiers mois de 2002 – une année durant laquelle le gouvernement d’Ariel Sharon était supposé lancer un plan quadriennal de développement pour le secteur arabe – les subventions gouvernementales ont en réalité chuté. «Les faits mis en lumière par le rapport montrent clairement qu’en ce qui concerne la promotion de l’égalité entre arabes et juifs, ce gouvernement est la continuation des deux précédents – il a promis beaucoup et fait peu, si ce n’est rien du tout», déclare Shalom Dichter, codirecteur de «Sikkuy».
Recul tous azimuts au détriment des localités arabes israéliennes
L’organisation dirigée de concert par Shalom Dichter et son homologue arabe israélien As’ad Ghanem, a compilé les données concernant les allocations du gouvernement pour le secteur arabe dans tous les ministères. Ils ont découvert que partout – santé, logement, construction, transport, tourisme, industrie et commerce -, on constate un réel recul des subventions gouvernementales par rapport aux années précédentes, qui étaient déjà marquées par des inégalités criantes. Les seuls progrès relèvent du Ministère de la sécurité publique, qui a augmenté les postes de police dans les localités arabes.
Shalom Dichter estime que le refus du gouvernement israélien de promouvoir le développement dans les localités arabes a encore creusé le fossé structurel entre arabes et juifs dans le pays, augmentant les risques de confrontation. «Le gouvernement met ainsi en danger ses citoyens, tous ses citoyens, et sa propre existence», lance le codirecteur de «Sikkuy». (apic/haar/be)
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