Sa validation par le Vatican sera rapide

Charte votée par les évêques des Etats-Unis

Rome, 20 juin 2002 (APIC) Le Saint-Siège pourrait rapidement donner son avis sur la « Charte pour la protection des enfants et des jeunes », votée le 15 juin dernier par les évêques des Etats-Unis lors de leur assemblée plénière à Dallas.

Selon un spécialiste du droit canon au Vatican, interrogé le 20 juin par I’APIC, les congrégations sont conscientes de l’urgence de la situation et pourraient aller très vite dans leur travail.

Ce canoniste « autorisé » souhaite conserver l’anonymat tant que le Vatican n’a pas donné son avis sur cette Charte dont l’objectif est de tenter de résorber, aux Etats-Unis, la crise liée aux abus sexuels commis sur des mineurs par des prêtres. Selon lui, les trois congrégations concernées, celle de la doctrine de la foi, celle des évêques et celle des textes législatifs, aidées par des « consultants extérieurs très pointus en matière de droit canon » pourraient donner leur avis « dans les prochaines semaines ».

Concernant la Charte, plus que la sanction choisie contre les prêtres fautifs qui correspond à des codes bien précis du droit canon, son inquiétude porte sur la place et le rôle des comités et du « bureau pour la protection des enfants et des jeunes ». Ces structures seront, selon la Charte, chargées de « seconder » l’évêque dans ses enquêtes et de veiller sur l’application des nouvelles normes juridiques.

Ainsi, les sanctions prises à l’encontre des prêtres pédophiles correspondent, selon lui, à la volonté du pape qui avait affirmé en avril dernier que « les gens doivent savoir qu’il n’y a pas de place, dans la prêtrise et dans la vie religieuse pour ceux qui blessent les enfants ». En même temps, elles laissent la possibilité aux prêtres qui ont chuté, de se retirer en solitude, d’être accompagnés psychologiquement et de recevoir la miséricorde divine.

Bureaucratisation excessive

Par contre, le canoniste romain craint, avec l’institution des comités, une « bureaucratisation excessive des enquêtes » et la constitution – dans certains cas et en raison de la pression – « de tribunaux populaires ». A ses yeux, les délits qui sont extrêmement graves, ont été amplifiés par la presse. « La création automatique de ces structures parallèles risquent de faire croire aux fidèles que chaque paroisse ou chaque diocèse est concerné par les abus sexuels ».

Au delà de la Charte, son inquiétude porte aussi sur une tendance forte, entre autre aux Etats-Unis, identifiant la relation qui existe entre un employeur et son salarié d’une part et un évêque et un prêtre de son diocèse d’autre part. « L’évêque qui a un rapport pastoral et missionnaire avec son clergé ne devrait pas être jugé responsable pénalement de ce dernier pour des fautes qu’il ignorait », précise le canoniste.

Aux Etats-Unis, la ’recognitio’ est attendue avec impatience. Or ces temps- ci, la presse rappelle les relations souvent tendues et faites d’incompréhensions réciproques entre l’Eglise catholique des Etats-Unis et le Vatican. Les observateurs se doutent bien qu’il pourrait encore y avoir des rappels à l’ordre, comme il y en a régulièrement concernant, par exemple, les abus, outre Atlantique, sur l’utilisation du code de droit canon concernant les reconnaissances de nullité de mariage. (apic/imedia/pr)

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