L’Eglise catholique rejette les accusations

Slovaquie: Le gouvernement accuse les Eglises de discrimination envers les Roms

Bratislava, 26 juin 2002 (APIC) Selon une commission du gouvernement, les Eglises slovaques ont eu une attitude discriminatoire envers la minorité rom du pays, excluant certaines membres de celle-ci – souvent appelés tziganes – des services religieux. Ces conclusions ont été rejetées par la Conférence épiscopale, qui estime au contraire que l’Eglise catholique constitue un lieu d’accueil privilégié pour les tsiganes.

L’accusation portée contre les Eglises figure parmi les conclusions présentées lors d’une conférence de presse le 8 juin par Peter Mikus, président d’une commission de cinq membres du Ministère de l’intérieur, chargée des questions de la minorité rom. L’exclusion des églises n’a « été qu’un des nombreux exemples de ségrégation raciste » en Slovaquie.

Un prêtre, qui n’a pas donné son nom, a admis « avoir expulsé des enfants roms » de son église, et « la plupart des représentants d’Eglises » ont confirmé des incidents similaires mais ont demandé l’anonymat, a poursuivi Peter Mikus, cité dans le quotidien « Sme ».

Un porte-parole de la Conférence épiscopale a vigoureusement rejeté les critiques à l’encontre des Eglises et déploré que la Commission se soit basée sur des « accusations généralisées ». « Au contraire, notre Eglise fait beaucoup pour aider les Roms », a dit le porte-parole, Marian Gavenda, à l’agence oecuménique ENI. « Si un groupe s’est vu interdire l’entrée dans une église, ce n’est pas parce que c’étaient des tsiganes, mais parce qu’ils ne se sont pas bien comportés. » Les catholiques romains représentent 69 % de la population.

L’Eglise catholique romaine a mis en place un programme pastoral pour les Roms, et il existe des églises et paroisses spéciales pour les tziganes.

« Je ne connais pas de cas de tziganes ayant été exclus – c’est plutot le contraire », a déclaré Marian Gavenda. « Lorsque les autorités de l’Etat ont des problèmes avec les Roms, c’est normalement l’Eglise qui apporte son aide. »

Cependant, plusieurs groupes roms ont approuvé les conclusions de la Commission et réclamé une aide accrue des Eglises.

Un comportement variable selon les paroisses

« Le comportement envers les chrétiens roms varie selon les pasteurs et les paroisses », fait observer Radovan Grollmus, coordinateur des programmes pour les tziganes du Conseil oecuménique des Eglises de Slovaquie. « La situation varie beaucoup – dans certaines communautés, c’est pratiquement une lutte de gangs, alors que dans d’autres, la majorité de la population accepte la participation des Roms.

Le Conseil oecuménique de Slovaquie, dont le siège est à Bratislava, a souvent des difficultés à atteindre certaines communautés tsiganes, pour la plupart concentrées à l’est. Le Conseil regroupe les Eglises luthérienne, calviniste, orthodoxe, baptiste, méthodiste, hussite, vieille-catholique ainsi que l’Eglise des frères tchèques.

Lors du recensement national effectué en 2001, quelque 90’000 citoyens slovaques, ou moins de 2% de la population (5,4 millions), se sont enregistrés comme Roms. Mais les leaders des communautés estiment que leur nombre serait d’environ 600’000 – 20% des habitants de la Slovaquie orientale.

Originaires du Pendjab (Inde), les Roms sont arrivés en Europe au 13e siècle. La moitié d’entre eux sont aujourd’hui regroupés en Europe orientale, où leur nombre est de cinq millions. (apic/eni/bb)

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