La Suisse est-elle terre de mission pour l’islam ?

Zoug: Assemblée générale de l’Union des supérieurs majeurs de Suisse (USMS)

Bad Schönbrunn, 27 juin 2002 (APIC) La mission de l’islam en Suisse a été au centre de la rencontre entre les supérieurs majeurs de Suisse et des représentants de la communauté musulmane. Lors de leur traditionnelle assemblée générale tenue du lundi 24 au mercredi 26 juin à Bad Schönbrunn, les responsables religieux ont pu approfondir la distinction entre l’enseignement et les diverses pratiques de l’islam. Le 26 juin, l’assemblée a nommé un nouveau président en la personne du Père Ephrem Bucher, provincial des capucins suisses.

L’islam, sa dimension missionnaire en Suisse et le dialogue interreligieux ont été au centre de la journée d’étude de la rencontre annuelle des responsables des religieux et religieuses de Suisse. Diverses interventions et une table ronde ont permis aux participants de mieux comprendre la réalité musulmane en Suisse.

«Le dialogue constitue un moyen privilégié d’entrer en échange avec d’autres collectivités, notamment avec d’autres religieux» a rappelé le premier intervenant, le Père jésuite Christian Rutishauser, responsable de la Maison Lassalle à Bad Schönbrunn (Zug). L’orateur a sensibilisé la cinquantaine de participants à l’importance de ne pas niveler le dialogue interreligieux au niveau d’une «supra-religion», qui dénaturerait les croyances et le respect réciproque.

Le chemin de Dieu

Deux représentants de la communauté musulmane, M. Hassan Abo Youssef, économiste et juriste d’origine égyptienne, ainsi que l’imam Youssef Ibram, d’origine marocaine et vivant à Zurich, ont présenté le «chemin de Dieu» (Da’waa) selon le Coran. Tout être humain est invité à suivre ce chemin en vivant la foi au Dieu unique et l’engagement dans l’agir concret de chaque jour auprès de ses frères. Les deux intervenants ont souligné que la qualité des croyants est plus importante que la quantité, raison pour laquelle l’islam ne fait pas de mission en Suisse. «Si quelqu’un se convertit par l’exemple de vie d’un musulman, c’est l’oeuvre de Dieu», a précisé l’imam de Zurich, cheikh Youssef Ibram.

Le père Raphaël Deillon, qui a oeuvré 20 ans en Algérie, a souligné que les authentiques musulmans sont les premiers à s’insurger contre les attentats et les violences au nom de Dieu.

Distinguer enseignement et pratique

La table ronde de l’après-midi a permis aux participants de poser de multiples questions aux intervenants. Un responsable religieux a remarqué aux représentants musulmans que leur présentation ne correspondait pas, selon lui, à l’islam existant au quotidien. Hassan Abo Youssef a répondu qu’il ne faut pas confondre enseignement et pratique. «Ce n’est pas parce que des chrétiens ne vivent pas leur foi, que les enseignements du Christ sont dépourvus de sens», a-t-il souligné.

Un exemple de djihad suisse

En ce qui concerne la djihad, il ne faut pas oublier que ce mot signifie «faire un effort». Le plus grand demeure l’effort contre soi-même, contre ses passions, d’abord à l’égard de sa famille et de ses voisins. Il comprend aussi la notion de légitime défense. «En Suisse, pour un soldat, garder ses armes à la maison en vue de son autodéfense est un exemple de djihad», a expliqué cheikh Youssef Ibram.

«Pour entrer dans le dialogue islamo-chrétien, il faut tenir compte des peurs souvent irrationnelles qui nous habitent, a conclu le Père Rutishauser, il est nécessaire de les dissiper par la connaissance réciproque; il s’agit aussi de respecter les rythmes personnels et collectifs dans ce cheminement interreligieux». (apic/com/sh)

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