Une «solution schismatisante»
Fribourg, 28 juin 2002 (APIC) L’ordination d’une douzaine de femmes prêtres, annoncée pour le 29 juin en Autriche, doit rendre l’Eglise catholique attentive à ses très importantes carences. Au lieu de se montrer tendus ou d’ignorer l’événement, les responsables de l’Eglise devraient entreprendre des réformes urgentes et énergiques, a affirmé à l’agence APIC le professeur de théologie pastorale Leo Karrer, président de la Société européenne de théologie, qui regroupe 1’100 professeurs de théologie issus de 20 pays.
L’ordination d’une douzaine de femmes, annoncée pour samedi dans un endroit tenu secret en Autriche, aboutira sans doute à la formation d’un groupe schismatique, affirme Leo Karrer, de l’Université de Fribourg en Suisse. Mais si toujours plus de paroisses devaient demeurer sans prêtre résident, sans eucharistie et sans sacrements, et que les conditions d’accès au sacerdoce, malgré le manque de vocations, restaient toujours verrouillées, alors il est «compréhensible que des communautés en éveil aillent chercher elles-mêmes ce dont elles sont privées par leurs bergers», soutient le théologien, qui appelle l’événement de samedi une «solution schismatisante». Cet événement le rend pourtant triste, car il divise et coûtera beaucoup de forces aux structures internes de l’Eglise.
«Les responsables de l’Eglise auraient pourtant la possibilité de mettre la direction des communautés et l’accomplissement illimité des sacrements véritablement au service de l’Eglise, et non pas de les empêcher», soutient Leo Karrer. Au lieu de cela, ils récoltent les fruits de leur refus de mettre en discussion des questions comme celle du célibat des prêtres. Le théologien cite également le document apostolique de 1994 sur l’ordination sacerdotale, qui «interdit la discussion sur l’ordination des femmes».
Percevoir l’action de l’Esprit-saint
Au sujet de l’ordination de samedi, le théologien estime que les instances dirigeantes ecclésiales ne peuvent pas ignorer cet événement, ni adopter un ton crispé. Elles devraient au contraire se demander «si l’action de l’Esprit-saint’ n’était pas perceptible, et si des réformes énergiques n’étaient pas enfin à entreprendre». Selon lui, «il se pourrait que l’Eglise, plus tard, reconnaisse une fois et rende valide ce qu’elle croit aujourd’hui empêcher encore de toutes ses forces». Le processus d’ordination sacerdotale des femmes pose à la direction de l’Eglise la question de savoir si elle est prête à écouter «ce que l’Esprit dit aux communautés».
Leo Karrer interpelle également les «prêtresses»: «Ne justifie-t-on pas la théologie et la spiritualité de l’Eglise institutionnelle en s’adjugeant ainsi un tel droit?». L’Eglise catholique, rappelle le théologien, a toujours soutenu que la vocation personnelle et l’envoi ecclésial étaient liés.
Des femmes issues d’Autriche, d’Allemagne et des Etats-Unis
Le 29 juin, une douzaine de femmes provenant d’Autriche, d’Allemagne et des Etats-Unis devraient être ordonnées prêtres. Le lieu de cette cérémonie, en Autriche, est maintenu secret pour protéger les participants de la curiosité des médias.
Si ces femmes persistent dans leur volonté d’être ordonnées prêtres, leur ordination ne serait pas valide et elles encourraient l’excommunication. L’évêque autrichien Kurt Krenn, de Sankt-Pölten, a déjà annoncé qu’il s’agirait d’un «acte schismatique» et qu’il faudrait examiner si un tel acte aurait pour conséquence l’excommunication (apic/kap/gs/bb)
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