Passau: Sept femmes ordonnées prêtres par un «archevêque» d’une Eglise dissidente

Réaction des évêques autrichiens: ordination non valable

Passau, 30 juin 2002 (APIC) Sept femmes – allemandes, autrichiennes et américaines – ont été ordonnées prêtres samedi à Passau, dans le sud-est de l’Allemagne, proche de la frontière autrichienne, par un archevêque argentin d’une Eglise catholique dissidente, l’Eglise catholique apostolique charismatique Jésus Rey, qui se réclame de «la liturgie de la parole». La Conférence des évêques d’Autriche a immédiatement réagi, déclarant «non valable» ces ordinations.

La cérémonie s’est déroulée en présence de 300 personnes sur un bateau-mouche amarré sur le Danube, à Passau. Le principal officiant, l’archevêque argentin Romulo Braschi, était assisté d’un évêque autrichien, Ferdinand Regelsberger, 68 ans, et d’un évêque tchèque.

L’Argentin Romulo Braschi, célébrant âgé de 60 ans, est évêque d’une mystérieuse «Eglise catholique apostolique charismatique Jésus Roi». Cet ancien prêtre catholique, a été «ordonné» évêque en 1998 à Munich avec le titre d’»archevêque de Munich, Zurich, Buenos Aires et San Salvador da Bahia» par Mgr Roberto Garrido Padin, évêque de l’Eglise catholique- apostolique du Brésil.

L’évêque autrichien Kurt Krenn, de Sankt-Pölten, a d’ores et déjà annoncé qu’il s’agissait là d’un «acte schismatique» et qu’il faudrait examiner si un tel acte aurait pour conséquence l’excommunication.

Les sept femmes, dont plusieurs sont docteurs en théologie, ont été formées dans un séminaire de Linz, en Autriche. L’une d’entre elles est une religieuse d’un ordre monastique catholique, dont l’identité n’a pas été révélée pour éviter une éventuelle sanction du Vatican, l’archevêché de Munich (sud) ayant dénoncé la cérémonie comme relevant «d’un spectacle de secte» et l’évêque de Linz, Maximilian Aichern, ayant stigmatisé «une imposture sectaire qui fait schisme avec l’Eglise».

Le Saint-Siège, dont le droit canon interdit l’ordination des femmes et la réserve aux seuls «hommes baptisés», ne reconnaît pas l’Eglise catholique apostolique charismatique Jesus Rey, qui revendique 13’000 adeptes dans le monde, en Europe, Amérique du nord et du sud, Afrique, et dont le siège est à Munich. Elle se réclame de «la liturgie de la parole» et de la succession apostolique de Saint-Pierre, le premier des apôtres de Jésus-Christ.

Réactions de la Conférence épiscopale d’Autriche

Dans une déclaration à l’Agence France presse, Romulo Braschi a exprimé samedi sa «compréhension pour la nervosité de l’Eglise catholique romaine»: «Le Vatican a coutume de traiter de secte tout ce qui diverge de son dogme, alors que l’Eglise catholique est née d’une scission au sein de la religion juive et, selon sa propre définition des sectes, en serait alors elle-même une», a-t-il ajouté.

Selon «l’évêque» argentin, «l’Eglise catholique a un besoin urgent de réformes, réclamées par nombre d’évêques et de fidèles dans le monde entier, notamment le sacerdoce des femmes et l’intégration des familles à la vie religieuse, susceptibles de donner de nouvelles impulsions et faire face à la crise des vocations».

La Conférence épiscopale autrichienne a déclaré «non valable» samedi l’ordination de sept femmes à Passau. L’agence catholique autrichienne Kathpress rapporte une déclaration de la Conférence épiscopale selon laquelle «une telle ordination simulée n’est pas valable».

«Un petit groupe de femmes a voulu forcer la voie vers l’ordinariat au mépris de l’enseignement et de la tradition de l’Eglise catholique» indique la déclaration.

Se référant au Deuxième concile du Vatican les évêques indiquent que «conformément à l’enseignement de l’Eglise catholique le sacrement de l’ordination ne peut être accordé qu’aux hommes».

«L’archevêque» argentin Romulo Braschi, qui a exercé des responsabilités au sein de l’Eglise catholique pendant la dictature militaire en Argentine (1976-1985), a rompu de lui-même avec le Vatican, sans avoir été excommunié. (apic/ag/kna/pr)

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