L’Eglise accusée « d’intégrisme déguisé »
N’Djamena, 1er juillet 2002 (APIC) Le ministre de l’Administration du territoire du Tchad s’en est violemment pris le 27 juin à l’Eglise catholique du pays.
Dans un communiqué de presse diffusé jeudi, Abderamane Moussa reproche à l’Eglise de « semer la confusion et de créer le doute dans l’esprit de tout pratiquant quant à la mission réelle des religions révélées ». Motif du courroux du ministre: l’organisation par la Commission nationale Justice et Paix d’un séminaire de formation pour les observateurs des élections municipales qui devraient se tenir cette année au Tchad.
« Par cet atelier l’Eglise catholique a franchi une étape intolérable » souligne le ministre pour qui la mise en place des élections relève de la compétence exclusive de son ministère qui les organise en choisissant lui- même ses observateurs. Le ministre « met en garde les responsables de l’Eglise catholique au Tchad contre toute dérive tendant à détourner les fidèles innocents en leur inculquant des idées politiques ».
Cette manière de faire est considérée par le ministre comme « un intégrisme déguisé ». Abderamane Moussa en appelle à la sagesse des chefs religieux de toute confession de « s’abstenir de s’immiscer de manière flagrante dans le jeu politique au détriment de leur mission noble: éduquer l’homme pour le rapprocher de Dieu ».
Rappelons que le Tchad est de sa par constitution de 1996 un Etat laïc. Il compte aujourd’hui environ 50% de musulmans pour 35% de chrétiens. (apic/pr)
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