Genève: La revue «Choisir» consacre sa parution d’été à la nature

«Nature: harmonie menacée»

Genève, 1er juillet 2002 (APIC) La Création, la nature et l’environnement sont au centre de la dernière livraison de la revue «Choisir», édité à Genève par les jésuites romands.

«Sortie des mains de Dieu, la nature a une existence en elle-même… La détourner au profit exclusif d’une génération, d’une nation, témoigne d’une mauvaise gestion et constitue un abus de confiance… La nature vulnérable est désormais un critère éthique à la mesure duquel il convient d’évaluer la responsabilité de l’homme face à la société et à l’histoire… Les conséquences sont exigeantes, elles impliquent un nouveau de style de vie», écrit Pierre Emonet dans son éditorial.

Pour lui, le Sommet de Johannesburg est une bonne occasion pour choisir de rappeler l’urgence de la sauvegarde de la création.

St François déjà percevait les créatures comme langage de Dieu, signe de son amour. «Objet d’aucune prière, elles sont elles-mêmes prière», remarque Marc Donzé. Avec poésie, il nous fait entrer dans la spiritualité franciscaine : contemplation et louange cosmique, exigence de réconciliation, de pauvreté et de compassion.

Dans le courant de la théologie de la création a surgi, à la fin des années 70, la théologie animale qui se réfère à St François. Comme le montre Olivier Jelen, l’Eglise est divisée sur la question, car l’homme et l’animal, de tout temps, entretiennent des relations ambivalentes que la Bible reflète. «La théologie animale n’entend pas sacraliser l’animal, mais elle lui reconnaît une valeur pour lui-même… Les recherches modernes (paléontologie, éthologie, génétique, etc.) contribuent à lui donner raison.»

De Rio à Johannesburg

Face aux déséquilibres environnementaux, que fait-on ? René Longet, de la Société suisse pour la protection de l’environnement, dresse le bilan des réalisations opérées depuis Rio, dont la stratégie de la Suisse pour un développement durable, et le chemin qui reste à parcourir. Il souligne une contraction : «un développement durable de mieux en mieux compris comme idée-force, et un recul de sa mise en oeuvre. Hommage paradoxal rendu à sa pertinence…»

Parmi les grandes préoccupations du Sommet de Johannesburg, on trouve la question de l’eau. Une consommation en hausse, une pollution inquiétante et un gaspillage sans précédent diminuent nos réserves. Pour résoudre ces problèmes, certains prônent la privatisation des services d’alimentation en eau. Mais l’eau n’est pas un bien commercialisable comme les autres, elle est un monopole naturel et un droit fondamental, défend Madeleine Bolliger, de la Communauté de travail. Elle montre que dans les pays où il y a privatisation, la situation souvent empire pour les plus pauvres, et comment en Suisse, comme ailleurs, la résistance s’organise. (apic/com/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/geneve-la-revue-choisir-consacre-sa-parution-d-ete-a-la-nature/