Inde: Les écoles chrétiennes appelées à ouvrir leurs portes aux étudiants défavorisés
New Delhi, 4 juillet 2002 (APIC) Le Conseil des institutions chrétiennes d’enseignement en Inde (AICCEI) demandent aux écoles chrétiennes d’ouvrir leurs portes aux étudiants de groupes défavorisés.
S’ils n’ouvrent pas leurs portes aux étudiants chrétiens de groupes défavorisés, les écoles et collèges chrétiens risquent de susciter une «vague de ressentiment», a en effet averti cette semaine, en ce début de la nouvelle année scolaire pour de nombreuses écoles, l’AICCEI.
La compétition est rude pour obtenir l’admission dans les 2’500 écoles et 300 collèges chrétiens réputés pour l’excellent niveau de leur enseignement et leur discipline.
De nombreux non-chrétiens cherchent aussi à s’inscrire dans ces écoles car ils pensent que cela leur donnera de meilleures chances pour leur carrière future. Dans un grand nombre de collèges et d’écoles, leur nombre est même supérieur aux chrétiens.
Sur les huit millions d’étudiants inscrits dans des institutions chrétiennes, 70% sont non chrétiens, indique l’AICCEI, qui craint qu’en s’efforçant de maintenir un niveau élevé, ces écoles n’assument par leur «responsabilité morale» envers leur propre communauté chrétienne.
La manière dont certaines institutions refusent d’admettre des étudiants chrétiens a provoqué l’irritation de leurs familles, dans plusieurs régions de l’Inde, souligne l’appel envoyé la semaine dernière à plus de 1’500 responsables d’Eglises et aux directeurs de grandes institutions chrétiennes.
Un peu tard
L’AICCEI se déclare particulièrement préoccupé par la situation de chrétiens issus de classes plus pauvres, comme les dalits (auparavant appelés intouchables) ou les membres de certaines tribus. Ces groupes composent plus de 70% des 25 millions de chrétiens indiens.
Le Conseil demande donc aux institutions chrétiennes d’appliquer une politique d’admission qui applique la «justice sociale» envers les classes défavorisées au sein de l’Eglise.
«Si nous n’assumons pas cette responsabilité, une vague de ressentiment se développera à l’encontre de nos institutions». Mani Jacob, secrétaire général de l’AICCEI, précise que l’appel a été lancé à 200 responsables d’Eglise parce que seules les Eglises peuvent imposer une politique dans des institutions qui dépendent de sa gestion.
L’idée de cet appel, dit-il, a été formulée lors d’un séminaire national organisé le mois dernier par le Conseil national des Eglises de l’Inde (NCCI) qui regroupe 29 Eglises orthodoxes et protestantes. Le séminaire avait demandé aux institutions chrétiennes d’ouvrir leurs portes aux étudiants chrétiens issus de classes pauvres. Pour Y. Moses, secrétaire exécutif du département chargé des dalits, cet appel est «positif mais il intervient un peu tard». «C’est un fait que beaucoup d’écoles et de collèges chrétiens ne sont pas accessibles aux étudiants chrétiens pauvres et aux étudiants dalits». (apic/eni/pr)
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