Rome: le Saint-Siège «examine» la demande de réouverture du dossier «Tornay»

Le Vatican juge les propos des avocats «inacceptables»

Rome, 7 juillet 2002 (APIC) Le Saint-Siège a annoncé dans la soirée du 5 juillet que la demande des avocats français Jacques Vergès et Luc Brossollet de réouvrir le dossier de l’affaire Tornay «est actuellement à l’examen». Réagissant après une conférence de presse donnée par les deux avocats français «pour faire pression sur le pape», le Saint-Siège a par ailleurs qualifié leurs déclarations d’»offensives» et d’»inacceptables».

Le 4 mai 1998, selon la version officielle du Vatican, le caporal Cédric Tornay, de la garde suisse, a assassiné son colonel, Aloïs Estermann, ainsi que l’épouse de ce dernier, Gladys, avant de retourner l’arme contre lui dans «un excès de folie». Depuis plus d’un an, les avocats de la mère du garde, Muguette Baudat, demandent la réouverture du dossier et de l’enquête.

Durant leur conférence de presse, tenue dans la salle des journalistes étrangers de Rome dans le but «de faire pression sur le pape», Jacques Vergès et Luc Brossollet ont présenté leur thèse selon laquelle Cédric Tornay ne s’est pas suicidé mais a été victime d’un complot.

A l’issue de leurs déclarations, le vice-directeur de la salle de presse du Vatican, le Père Ciro Benedettini, a publié un communiqué dans lequel il affirme que la demande de réouverture du dossier a été «transmise» au tribunal du Vatican et qu’elle est actuellement «à l’étude».

Par ailleurs, ajoute le document publié une heure après la conférence de presse, «les déclarations offensives contre le Saint-Siège, l’Etat du Vatican et ses organismes judiciaires sont tout à fait inacceptables, au- delà du fait qu’elles sont privées de fondement».

Résultat d’enquête qualifié de «propagande»

Devant une cinquantaine de journalistes, Maître Brossollet avait qualifié le Vatican de «société primaire allant jusqu’à éliminer ses propres gardes». «Une justice n’est respectable qu’à partir du moment où ses décisions sont motivées», avait-il ajouté, précisant que même si un résultat d’enquête a été publié ­ en février 1999 -, il s’agit de «propagande» à partir de la «sélection de faits révélés».

Pour la mère du caporal Tornay, interrogée lors de la conférence de presse, son fils a été la victime «d’une mise en scène orchestrée pour éliminer le commandant». «Au début j’étais persuadée de la culpabilité de mon fils, mais peu à peu, j’ai eu des doutes», a-t-elle affirmée.

Contestations dans les résultats de l’enquête

Les principaux points du résultat de l’enquête vaticane auxquels les avocats disent ne pas croire, sont la position de la tête au moment du geste fatal et la lettre «présumée» que le caporal aurait écrite à sa mère juste avant de mourir (une fausse selon eux), la personnalité «soi-disant dérangée» de celui-ci et certains éléments contradictoires dans l’autopsie du corps. Selon l’autopsie vaticane, Cédric Tornay avait la tête penchée en avant pour se donner la mort. L’autopsie faite en Suisse révèle scientifiquement le contraire, à savoir que le Garde suisse avait la tête penchée en arrière. (apic/imedia/bb)

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