En France, l’évêque de Grenoble ouvre les portes de son église

Suisse: Sans papiers: les Collectifs s’organisent pour faire face au durcissement de Berne

Fribourg, 9 juillet 2002 (APIC) Les Collectifs des sans-papiers de Vaud et de Fribourg poursuivent leur lutte. Les Vaudois ont dénoncé l’expulsion de deux sans-papiers qui étaient détenus à Lausanne et les Fribourgeois ont envoyé une lettre ouverte au gouvernement.

En France également, le front des sans-papiers tente de faire face. Avec l’appui de l’évêque de Grenoble, Mgr Louis Dufaux. Ce dernier a en effet donné son autorisation concernant l’ouverture, lundi, de l’église Saint- Augustin à Grenoble aux demandeurs d’asile en attente de papiers, ont indiqué les services du diocèse de Grenoble.

Cette ouverture «pour quelques jours», organisée avec le soutien de plusieurs organisations dont le Secours Catholique, devrait concerner une vingtaine d’individus. Dans un communiqué, Mgr Dufaux relève que «la situation des demandeurs d’asile est intolérable: pas de contrat de travail normal, ni de logement reconnu, ni de droits sociaux, ils survivent parmi nous sans être ni renvoyés, ni reconnus». «Les chrétiens. écrit-il, ne peuvent pas rester indifférents à cette cause comme à bien d’autres impliquant la dignité humaine. La protestation solidaire dit au moins l’indignation ressentie et demande des solutions».

Sur le front de la Suisse romande, la situation se dégrade pour les sans- papiers, avec le durcissement notoire enregistré du côté de Berne. Deux personnes enfermées à la prison du Bois-Mermet ont été renvoyées lundi matin vers l’Equateur, a expliqué Frédéric Masson, du collectif de soutien vaudois. Un entrepreneur de la région de Morges avait dénoncé les deux sans- papiers ainsi qu’une troisième personne.

Cette dernière devrait être expulsée mercredi, également vers l’Equateur. Le collectif de soutien va s’opposer à son renvoi par l’intermédiaire d’un avocat.

A Fribourg, le collectif des sans-papiers a réuni lundi la presse pour appeler les autorités cantonales à s’engager réellement pour la régularisation de trois clandestins. L’année dernière, les offices fribourgeois avaient soutenu auprès des autorités fédérales la demande de ces trois personnes qui vivent depuis 14 ans en Suisse.

Dans une lettre ouverte au Conseil d’Etat, le collectif dénonce le caractère «arbitraire, ingérable et inapplicable de la politique du cas par cas». Il appelle le gouvernement à s’engager pour son abandon à l’échelon fédéral et à ne pas prononcer de décisions de renvoi en l’espèce. (apic/ag/pr)

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