Conférence mondiale sur le sida à Barcelone: l’Eglise déplore de ne pas y avoir été invitée
Rome, 9 juillet 2002 (APIC) Le Saint-Siège regrette de ne pas avoir été invité à la 14e conférence mondiale sur le sida, tenue à Barcelone. Pour le « ministre de la Santé » du Vatican, Mgr Javier Lozano Barragan, cette absence est d’autant plus à déplorer qu’un quart des centres de soins aux malades du sida appartiennent à l’Eglise catholique. Interrogé par l’APIC le 9 juillet, il a rappelé ce que l’Eglise entend par « prévention ».
La conférence mondiale des Nations Unies sur le sida se déroule à Barcelone, en Espagne, jusqu’au 12 juillet. Cette année, le Saint-Siège n’y est pas représenté, alors qu’il était présent aux précédentes conférences. « Nous ne comprenons pas pourquoi l’Etat du Vatican n’a pas été invité », déplore le président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé. Selon lui, à ce jour, près de 26% des centres d’accueil et de soin pour les malades du sida sont gérés par l’Eglise catholique. « Elle est le partenaire le plus important des gouvernements et à donc le droit de donner son avis ».
Interrogé sur le thème de la prévention du sida, le prélat regrette tout d’abord que l’ONU « répète toujours la même chose depuis une dizaine d’années, alors qu’aucun résultat n’est encore apparu ». « Au contraire, le nombre de malades du sida augmente de façon terriblement importante ».
En outre, il accuse les pays riches de cacher la réalité des faits. « On nous affirme que la pauvreté est la principale cause du développement de cette maladie, alors qu’en fait, l’Europe et les Etats-Unis sont en grande partie les responsables de l’exportation du sida dans les pays pauvres à travers le tourisme sexuel et la diffusion du libertinage ». « La pauvreté n’est pas une cause mais un conditionnement », précise Mgr Barragan, ajoutant que la plupart des pays pauvres étaient justement ceux qui avaient conservé une certaine éthique de la sexualité, en Amérique latine notamment ».
Ainsi, pour le Saint-Siège, une information « adéquate » et « sincère » est indispensable dans la prévention du sida. « Cette prévention doit se faire en respectant la dignité de l’homme et notamment en excluant les campagnes d’information qui offrent des modèles de comportements favorisant l’extension du mal ».
A propos du préservatif
Prenant le préservatif comme exemple, Mgr Barragan dénonce une campagne de désinformation visant « à diffuser la culture de la liberté sexuelle ». « Une véritable prévention du sida doit passer par un changement de comportement sexuel, qui est le principal responsable de la diffusion de l’infection », soutient-il. Le responsable de la santé au Vatican rappelle alors le message de l’Eglise, qui encourage à l’abstinence sexuelle avant le mariage et à la fidélité conjugale dans le mariage. « C’est la prévention la plus radicale du sida, celle qui est efficace dans l’absolu et que personne ne peut nier ».
Toutefois, Mgr Barragan souligne que l’Eglise accepte l’usage du préservatif en cas de « légitime défense », c’est-à-dire dans ces cas « extrêmes ». « Mais se limiter à inviter à l’usage du préservatif continuera à alimenter le cercle vicieux sexuel qui est à l’origine de la gravité de la situation en particulier en Afrique », précise-t-il. « Le monde veut que l’Eglise accepte le préservatif pour avoir la conscience plus tranquille », ajoute le prélat, en constatant que « le débat ne réside pas dans la question de savoir si l’on peut ou non utiliser le préservatif: il y a des raisons plus complexes comme les valeurs que le monde a perdues, à savoir le sens sacré de la vie, le sens sacré de l’amour, le sens sacré du sexe ».
Le Conseil pontifical pour la santé est en train de rédiger un « manuel » sur le sida, afin de rappeler la position de l’Eglise concernant la prévention, le soin et l’accompagnement. Prévu pour septembre, ce document devrait finalement sortir début 2003. (apic/imedia/pr)
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