Le fait de groupes «radicaux et extrémistes», selon le Vatican
Rome, 12 juillet 2002 (APIC) Depuis quelques jours, des pétitions circulent au parlement européen et aux Nations-Unies pour demander le retrait du statut d’observateur permanent du Saint-Siège dans les organisations internationales. Le Vatican minimise ces attaques, qui sont pour lui le fait de groupes «radicaux et extrémistes».
«Alors que l’Eglise catholique jouit du statut d’observateur permanent aux Nations-Unies», qu’elle «use du pouvoir d’interférence qui lui est donné par ce statut au nom de ses priorités théologiques, et qu’elle est la seule religion représentée directement à l’ONU», «nous invitons les Etats-membres et le secrétaire général des Nations-Unies à prendre des mesures pour mettre fin à ces violations du principe de neutralité en termes de religion» et «à entamer en conséquence la procédure d’annulation du statut du Saint-Siège». C’est ce qu’affirme en substance le texte de la pétition lancée il y a quelques jours au siège du parlement européen à Bruxelles.
Au Vatican, on rappelle que ce n’est pas la première fois que de telles accusations sont faites. «Il n’est pas possible de remettre en cause les accords internationaux régissant la présence du Saint-Siège au sein de l’ONU comme observateur depuis 1964», précise-t-on. En outre, «les initiateurs de telles propositions sont toujours les mêmes, radicaux et extrémistes».
Le Saint-Siège est devenu officiellement observateur permanent auprès de l’ONU sous Paul VI. «Depuis, Jean Paul II a su faire évoluer son objectif en profitant de cette présence neutre et tout en ayant de l’autorité au sein de la communauté internationale», a affirmé à l’agence APIC Mgr Renato Martino, représentant du Saint-Siège au bureau des Nations-Unies de New York depuis 15 ans. «Ce que je regrette, c’est de constater qu’à chaque fois que nous devons défendre une cause morale, à chaque fois, ce sont des pays dits riches, particulièrement d’Europe, ainsi que le Canada et le Japon, qui montent des lobbies contre le Saint-Siège».
Pour assimiler le Vatican à une ONG
En 1999, des groupes favorables à l’avortement avaient déjà lancé une campagne pour retirer au Saint-Siège son statut d’observateur permanent aux Nations-Unies. Ces groupes souhaitaient que le Vatican soit assimilé à une organisation non gouvernementale pour diminuer son influence en particulier sur l’avortement et les questions familiales.
Un an plus tard, le Congrès américain avait déclaré être «fermement opposé à tout effort pour expulser le Saint-Siège des Etats membres des Nations- Unies», par le vote – à l’unanimité moins une voix -, d’une résolution. «Cette résolution a une signification tout à fait particulière, dans la mesure où (.) elle reconnaît le Saint-Siège comme un organe souverain capable d’agir dans le domaine international, et rend hommage en outre à sa contribution en faveur de la paix et de la promotion des droits de l’homme», affirmait alors un communiqué publié au Vatican le 12 juillet 2000, au lendemain du vote.
En recevant le secrétaire général de l’ONU en audience, le 7 avril 2000, Jean Paul II avait par ailleurs encouragé Kofi Annan «à s’assurer que les décisions qui ont des conséquences mondiales ne soient pas prises uniquement par un petit groupe de nations, au dépens des populations des autres pays». Il avait alors demandé que «les intérêts des Etats et des différents groupes représentés, tout légitimes qu’ils soient, ne soient pas invoqués ou défendus au mépris des intérêts ou des droits d’autres peuples, spécialement les plus pauvres». (apic/imedia/bb)
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