Etape mexicaine, la cinquième dans ce pays
Rome, 17 juillet 2002 (APIC) La canonisation, controversée pour beaucoup au Mexique et ailleurs, de l’Indien Juan Diego, constituera le point fort de cette troisième et dernière étape de ce 97e voyage du pape hors d’Italie. Certains responsables d’Eglise du Mexique ont émis des doutes concernant l’existence même de l’homme que le pape canonisera. Leur scepticisme porte sur la légende de Juan Diego qui, au 16e siècle, et sur les apparitions de la Vierge de Guadalupe, dont l’image aurait été imprimée sur sa cape.
Il n’en demeure pas moins que le geste du pape, au cours de son 5ème voyage dans ce pays, est considéré pour les autres comme un fort symbole qui voient à travers cette canonisation, une reconnaissance des droits des Indiens. Le pape devrait par ailleurs s’adresser au nouveau gouvernement du pays, qui n’est plus, pour la première fois depuis plus de 70 ans, issu du parti révolutionnaire institutionnel, le PRI.
Dans ce pays considéré comme la seconde plus grande nation catholique au monde après le Brésil – avec 88% de catholiques -, Jean Paul II ne rencontrera que brièvement la population locale. Les deux cérémonies officielles prévues sont la canonisation de Juan Diego le 31 juillet, et la béatification de Juan Bautista et Jacinto de Los Angeles, le lendemain.
La béatification de deux martyrs de la persécution religieuse du début du 18ème siècle sera par ailleurs, pour Jean Paul II, une manière d’insister sur le rôle de l’Eglise catholique dans une société marquée par le libéralisme du voisin (les Etats-Unis) et la forte diffusion des sectes. Juan Bautista et Jacinto de Los Angeles, deux pères de familles – malgré leurs noms communs, ils n’avaient pas de lien parental -, ont été assassinés le 16 septembre 1700 pour s’être ouvertement opposés à des actes d’idolâtrie qui se diffusaient à travers San Francisco Cajonos, leur ville natale située dans l’Etat du Oaxaca.
La première fois sans le PRI
En rencontrant le président mexicain à son arrivée à l’aéroport où des Indiens en tenue traditionnelle accueilleront le pape -, Jean Paul II aura en outre l’occasion de faire un bilan de la situation de l’Eglise catholique au Mexique. Après les voyages du pape de 1979, de 1990, de 1993 et de 1999 dans ce pays, c’est la première fois qu’un gouvernement mexicain non issue du PRI accueillera le pape. Elu en juillet 2000, Vicente Fox Quesada est en effet le premier président du Mexique à ne pas être membre du PRI, le parti révolutionnaire institutionnel, au pouvoir depuis 1929.
Jean Paul II devrait particulièrement profiter pour demander à l’Etat une plus grande place pour l’Eglise dans la société mexicaine. Outre le nouveau contexte politique dans lequel le pape arrivera, le dixième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Mexique – en septembre 1992 -, sera l’occasion pour Jean Paul II d’insister pour que la reconnaissance juridique de l’Eglise soit appliquée.
La dimension religieuse ayant été supprimée de la vie publique au 19ème siècle, pendant une longue période, l’Eglise n’a plus existé officiellement, conduisant parfois à la persécution de ceux qui s’en réclamaient. Dès 1859, furent ainsi votées des lois anticléricales, et en 1917, fut instituée une Constitution qui refusait à l’Eglise la reconnaissance d’une personnalité juridique. C’est seulement en 1929, après le soulèvement des paysans catholiques, les ’Cristeros’, que des accords ont permis une reconnaissance de fait de l’Eglise. Puis, suivant les périodes, celle-ci a été traitée tantôt avec suspicion, tantôt avec une relative tolérance. (apic/imedia/pr)
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