Des jeunes comme les autres

Toronto: Des JMJ au mille visages

De notre envoyé à Toronto, Samuel Heinzen

Toronto, 26 juillet 2002 (APIC) Rassemblement des jeunes catholiques du monde entier, les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) ne sont pas fréquentées que par des catholiques pratiquants et convaincus. Elles réunissent en effet toute une palette de jeunes. Les convaincus, venus à Toronto pour y rencontrer le pape, des évêques et ne pas perdre une miette des catéchèses dispensées. Et puis il y a les touristes: un peu là pour prier, mais pas trop, accourus au Canada pour faire la fête. Des curieux en somme, venus se dépayser.

Premier extrême: les « super-cathos ». Facilement reconnaissables à la taille de la croix qu’ils portent au cou, couverts de t-shirt, sacs, pins, foulards et casquettes estampillés « JMJ », il sont venus célèbrer leur foi et n’entendent pas s’en priver. Ils assistent à toutes les cérémonies et catéchèses et fréquentent le festival de la jeunesse.

Ce festival est surtout concentré à « Exhibition Place », lieu principal des rencontres, avec ses ateliers, ses séminaires, ses stands et ses spectacles.

Les « super-cathos » sont toujours bien groupés et disciplinés, ils chantent juste et arrivent à l’heure. Ils considèrent que « les JMJ ne sont pas des vacances » et qu’il n’y a pas lieu de se plaindre des quatre heures de trajets, aller et retour, pour se déplacer des logements vers les lieux de rencontre et de célébration.

Leurs seuls griefs vont à l’encontre de ceux qui ne sont pas assez comme eux, qui n’ont pas « l’esprit JMJ ». « Ils n’ont rien à faire ici », lance un peu exaspérée une jeune catholique.

Les touristes

Deuxième extrême: les touristes. Parfaits contraires des « super-cathos », les touristes sont venus aux JMJ « parce que c’est au Canada ». « Embrigadés » qu’ils ont été par un proche, une petite amie un peu plus croyante, ou un curé aux élans missionnaires. Ce sera sans doute leurs premières, mais aussi leurs dernières JMJ, même s’il ne faut jurer de rien. Leur commentaire est du reste significatif: « Rien contre, mais pas vraiment mon genre ». Cependant, « malgré toutes ces prières », ils ne regrettent pas vraiment d’être venus. Visiter le Canada à relativement bon compte, c’est pas si mal.

Quelques bouches de métro plus haut qu’ »Exhibition Place » se trouve « Queen street », avec ses magasins branchés, ses bars interdits aux moins de 19 ans, et pour les plus courageux ses boutiques de piercing. Une nouvelle boucle à l’arcade sourcilière sera « mon souvenir JMJ » déclare l’un d’entre eux, sourire en coin et « Budweiser » (bière locale) à la mains.

Contents de se retrouver avec « une bonne équipe de potes », ils ne se soucient pas de critiquer les autres, apprécient les curés ouverts d’esprit (les autres ne les intéressent pas) et iront quand même voir les « deux trucs avec le pape », à savoir la rencontre du 25 juillet et la veillée du 27 suivie de la messe, le lendemain.

La masse

Entre ces deux extrêmes: la grande moyenne. Mélange de « super-cathos » et de touristes, ils participent plus ou moins aux activités proposées, tout en sachant se ménager du temps pour visiter la ville et faire les magasins. La prière ne les gêne pas, certains la trouvent même « tout à fait valable » pour leur vie. Ils sont généralement membres d’un groupe de jeunes dans leur paroisse.

Si la pratique religieuse ne leur est pas étrangère, leurs soucis sont ceux des jeunes du monde entier. « Se faire plaquer aux JMJ c’est quand même un comble ». Les amitiés se font et se défont, se nouent et se fortifient. Ils prennent le temps d’un coup de fil à maman, d’écrire une avalanche de cartes postales, de visiter la ville et d’acheter « absolument » ce que les copines ne peuvent pas trouver en Suisse. En d’autres termes, ils remplissent bien leur emploi du temps, qui doit encore intégrer la messe.

Les JMJ pourraient bien, dans ce sens, ressembler à une grande course d’école où on rencontre le pape. Une ambiance sympa et quelques bonnes émotions en perspective. « Tu verras, les jours avec le pape, c’est trop fort », confie une « jmjiste » qui n’en est plus à son coup d’essai.

Les prêtres accompagnateurs

Chez les jeunes prêtres qui accompagnent les pèlerins, on observe un peu les mêmes tendances que chez les jeunes. Il y a les très motivés toujours en train de raviver le moral (pourtant pas si mauvais) de leurs troupes: et encore un petit chapelet-méditation pour bien finir la journée.

Et puis, il y a les autres, plus décontractés, moins soucieux de faire marcher tout le monde au même pas et qui savent doser l’effort en fonction de la motivation de chacun. Pour eux, venir aux JMJ c’est surtout vivre une expérience humaine qui permet de découvrir l’autre. De se découvrir, par la même occasion. (apic/sh/pr)

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