Le Comité central des catholiques allemands (ZdK) «regrette»
Bonn/Hanovre, 6 août 2002 (APIC) Les réactions sont mitigées en Allemagne après l’excommunication lundi par Rome des sept femmes «ordonnées prêtres» le 29 juin dernier à Passau, sur le Danube. C’est avec «regret» que le Comité central des catholiques allemands (ZdK) a pris connaissance du décret d’excommunication publié le 5 août par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Pour le ZdK, la décision romaine conduit à davantage de durcissement, a déclaré mardi 6 août à Bonn Hans Joachim Meyer, président de la puissante organisation catholique allemande. Il a cependant relevé que le caractère et les circonstances de ce qui s’est passé le 29 juin dernier ne sont pas de nature à servir la cause des femmes qui réclament une part adéquate dans le service de l’Eglise.
Pas un signe de force, mais plutôt de rigidité
D’après le mouvement de base «Nous sommes l’Eglise» (»Wir sind Kirche»), la décision romaine ne fait que démontrer le manque de capacité de dialogue du Vatican dans les questions concernant l’ordination sacerdotale des femmes. L’utilisation de la sanction ecclésiale la plus sévère «n’est pas un signe de force, mais de rigidité» de la part Rome.
«Nous sommes l’Eglise» qualifie de «scandale» le fait que la hiérarchie de l’Eglise catholique-romaine interdise toujours aux femmes d’accéder au sacerdoce sans raisons bibliques et théologiques valables.
Un climat de répression
Le mouvement contestataire estime que l’interdiction de la discussion sur le sacerdoce féminin suite à la lettre apostolique de Jean Paul II «Ordinatio sacerdotalis» de 1994, a créé un «climat de répression» qui rend impossible une discussion ouverte et constructive sur la tradition et le changement dans l’Eglise. Dans sa lettre, le pape Jean Paul II rappelait que l’Eglise «n’a en aucun cas la faculté de conférer aux femmes l’ordination sacerdotale» et que «cette sentence doit être considérée comme définitive par tous les fidèles de l’Eglise».
L’organisation allemande rappelle que durant 2000 ans, l’histoire a montré que l’Eglise avait besoin, si elle voulait prendre au sérieux sa tâche pastorale, d’adapter ses normes et règlements conditionnés par l’époque. Elle doit savoir lire «les signes des temps» comme le demande le Concile Vatican II.
«Nous sommes l’Eglise» affirme qu’en Allemagne et dans d’autres pays, plus de 70% des catholiques pratiquants sont pour l’ordination sacerdotale des femmes, selon une enquête internationale menée en 1996 par les sociologues des religions américains Andrew Greely et Michael Hout. La «consultation du peuple de l’Eglise» qui, en 1995, réclamait notamment l’accès des femmes au sacerdoce, avait récolté, uniquement dans les pays germanophones, quelque 2,3 millions de signatures. (apic/kna/be)
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