Philippines: Deux prédicateurs chrétiens décapités par les rebelles d’Abu Sayyaf

« Ceux qui ne croient pas en Allah subiront le même sort »

Zamboanga, 22 août 2002 (APIC) Deux prédicateurs chrétiens ont été décapités par les rebelles d’Abu Sayyaf, sur l’île méridionale de Jolo, aux Philippines. « Ceux qui ne croient pas en Allah subiront le même sort », ont averti les terroristes du mouvement extrémiste musulman philippin en revendiquant l’assassinat de 2 des 6 otages capturés mardi dans la zone de Patikul, au sud de l’archipel.

La tête d’un second otage, a précisé le général de brigade Romeo Tolentino, a été retrouvée dans un sac en plastique au marché du chef-lieu de l’île de Jolo, tandis que celle du premier otage décapité avait été déposée près du quartier général de l’armée, dans la même ville. L’officier de l’armée philippine qui combat les rebelles séparatistes musulmans à Jolo a qualifié ces assassinats d’ »acte barbare commis par un groupe barbare qui essaye de propager sa religion par le djihad. Ils veulent montrer ainsi qu’ils sont en croisade pour empêcher les chrétiens d’entrer dans leur communauté. »

Des Témoins de Jéhovah

Les quatre autres otages, tous des Témoins de Jéhovah venant de Zamboanga, sont toujours aux mains de leurs ravisseurs. Le groupe Abu Sayyaf a été accusé par les Etats-Unis d’être lié au réseau Al-Qaïda d’Oussama Ben Laden. Le général de brigade Romeo Tolentino a précisé que le 20 août, les preneurs d’otages avaient enlevé 8 personnes résidant sur l’île puis avaient ensuite libéré 2 musulmans. Les noms des victimes sont Leonil Monti et Lewil Bantolo. Elles portaient avec elles, comme le reste du groupe, des Bibles et des brochures de propagande religieuse. Quatre femmes sont encore séquestrées et l’armée effectue des recherches sur l’île.

Des sources militaires ont indiqué qu’une note affirmant que l’action était l’oeuvre du djihad (guerre sainte islamique) avait été retrouvé près de l’une des deux têtes. D’après les premières reconstitutions des faits, l’enlèvement a été organisé par un chef local, Moin Sahiron, parent de Radulan Sahiron, vétéran des guerres séparatistes du sud des Philippines, la zone à majorité musulmane où la guérilla lutte pour fonder un Etat islamique.

Des gangsters spécialisés dans les enlèvements

Les hommes d’Abu Sayyaf sont passés à l’action pendant que les militaires étaient en train de bombarder des refuges du groupe. Abu Sayyaf est spécialisé dans les prises d’otages pour extorquer de l’argent. La dernière remontait au mois d’octobre dernier. Le 27 mai 2001, le groupe avait enlevé une vingtaine de vacanciers sur l’île de Palawan, dont trois Américains: le couple de missionnaire de l’organisation « New Tribes Mission » – Martin et Gracia Burnham – et un touriste californien, Guillermo Sobero, qui fut décapité. Le 7 juin dernier, l’armée philippine a pu libérer Gracia Burnham après plus d’un an de captivité, mais son mari et Deborah Yap, une infirmière philippine, ont été tués durant l’opération de sauvetage.

Ce dernier incident brutal intervient au lendemain de l’annonce de la fin des manoeuvres des troupes spéciales américaines qui ont entraîné pendant six mois les troupes philippines dans la lutte antiterroriste à Basilan, au sud des Philippines, et des déclarations de la présidente philippine Gloria Macapagal Arroyo affirmant que l’armée avait gagné la bataille contre le groupe fondamentaliste Abu Sayyaf. (apic/misna/bbc/be)

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